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Jean Yanne, "On n’arrête pas la connerie"

Et non...

dimanche 8 août 2010, par GB

« Cambronne ne mâchait pas ses mots. Heureusement pour lui. »

Avant-propos :

Les affinités électives

C’est joli comme titre, non ? C’est du Goethe et c’est à peu près tout ce qu’il y a de bon dans le livre. Pour le reste c’est une sorte de soupe sentimentale qui a dû donner de l’inspiration à des milliers de scénaristes de comédies romantiques. Je vous offre en résumé l’intrigue. Deux couples mal assortis, il faudrait juste inverser les partenaires pour que tout soit parfait. Et puis, et puis c’est tout. Voilà, vous venez de lire « Les affinités électives » en deux lignes. Il faudrait ajouter plein de désespoir, et hop, un des protagonistes se suicide. Et donc... C’est un peu beaucoup de la merde.

C’est curieux, d’ailleurs, ce besoin de pousser les gens à se tuer chez Goethe. Mais bon, ce n’est pas mon propos. Mais j’aime infiniment ce titre, cette formule d’affinités électives, c’est juste, c’est fin, c’est la classe. J’ai fait l’article d’Olivier de Kersauson il y a peu. Et en quête de lectures je suis tombé sur Jean Yanne.

Passons au vif du sujet :

« Personne n’est vraiment capable de donner une définition de l’humoriste. Pour moi c’est quelqu’un qui regarde les mêmes choses que les autres, mais qui les voit différemment. »

Et là, tout de suite, vous comprenez bien que Jean Yanne est incontournable, est indispensable et totalement inutile, évidemment. Le chemin qui menait de Kersauson à Yanne est par ailleurs assez clair. Deux originaux, plutôt solitaires, écrivant bien, à la réplique assassine, des bons mecs en fait. Et l’on peut y croiser Pierre Desproges, un peu plus loin ce gigantesque pataphysicien de Boris Vian, Audiard bien sûr, Frédéric Dard sûrement, Blondin, qui sais-je encore, de ces lutteurs du verbe, des poètes de l’absurde, des saltimbanques sans doute.

Et voici nos affinités électives, ce chemin immortel qui va d’Alfred Jarry à Allais en passant par tous ces zozos qui, l’oeil taquin, vous balancent leurs bonnes conneries d’un air froid, juste histoire de voir l’effet que ça fait. Je suis à deux doigts de l’apologie, faisons une pause. L’emphase et l’humour sont difficilement conciliables et dans tous les cas, il vaut mieux choisir ce qui déride, il paraît que c’est bon pour la santé... A ce propos, « L’optimiste vous dira que le verre est à moitié plein, le pessimiste que le verre est à moitié vide, moi je crois surtout que le verre est deux fois trop grand ! »

Qu’est-ce qu’on peut écrire après ça ? Après ça, rien. On cite le bouquin des bons mots et autres aphorismes de Jean Yanne qui s’appelle « On n’arrête pas la connerie », qui vaut 18,5 euros, le prix d’une boite d’anti-dépresseurs mais qui est autrement plus efficace. On remercie les lecteurs du Journal inutile d’être de plus en plus nombreux et d’avoir lu ce papier et on va finir cette merveille dans son coin, juste pour le plaisir.

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