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La saison des pluies, Graham Greene

mercredi 28 octobre 2009, par GB

En ce moment, j’ai de la chance... dans mes lectures. Je ne dis pas ça pour me vanter, mais de livre en livre, je découvre des bouquins que je trouve exceptionnels. J’ai un tropisme Africain... Enfin... Il faut que je vérifie ce que ça veut dire tropisme, parce soyons honnêtes, claquer un mot qui se la pète, la vérité... ça fait toujours plaisir

Graham Greene...

J’avoue que trouver un livre de Graham Greene que je n’ai pas lu m’enchante à chaque fois. J’ai peu ou prou l’impression de retrouver un ami, et j’ai tendance à croire que quoiqu’il ait à raconter, je vais bien aimer ça. Sans doute faut-il y voir un parallèle avec cette citation de Saint-Ex :"L’ami d’abord c’est celui qui écoute".

"La saison des pluies", et l’action qui s’y déroule, c’est entre autres lieux en Afrique sub-saharienne coloniale et dans les années cinquante ou soixante que cela se passe. Au bout du bout du monde, où il ne reste plus guère que des missionnaires, des soeurs, des lépreux et un docteur. A quelques heures ou jours de là, une ville coloniale peuplée de colons qui s’accrochent à cette comédie sociale à laquelle la vie des expatriés ressemble si souvent.

Il y a les notables, les curés, le docteur et un homme qui vient se perdre au bout de la route dans cette léproserie. Les curés parlent d’architecture et de mécanique, ils ont des affaires d’importance à régler, leur oeuvre spirituelle commence dans le séculier, il faut d’abord sauver les corps puis les âmes et non l’inverse.

Querry, pas de prénom, est l’homme qui est allé au bout de la route, il a fui sa vie, ses amours sans intérêt, son vide intérieur et sa carrière d’architecte pour faire le contremaitre, le maçon. Autour de lui, peu à peu les autres personnages vont se concentrer, interagir car l’homme qui vient de loin apporte avec lui la nouveauté, l’inconnu et anime enfin ces petits milieux.

Qui est-il, pourquoi est-il là... Dans les petites vies, les petites sociétés tout ce qui dépasse, agite et interroge ? Il est venu disparaitre, se perdre et ceux qui sont là rêvent de sa célébrité passée, veulent un peu de la lumière qui l’entoure, ils veulent eux enfin, ce quart d’heure de gloire dont Andy Warhol parlait.

Passé cinquante ou soixante pages, le livre vous prend. Juste retour des choses si l’on songe, mais il vous tient et au fil de votre lecture vous appréhendez la fin. Oh pas celle de l’histoire, non juste la fin du bouquin, parce que peu à peu l’écriture de Graham Greene accomplit son effet. Vous êtes dans le monde qu’il vous offre en voyage.

Un voyage plus intérieur, plus spirituel que le décor ne le laisse à penser. La portée du livre, sa force viennent de son universalité et s’il ne s’agit que d’une histoire d’hommes et de femmes, c’est l’essence même de la littérature. Vous ne vous demandez pas ou plus si l’histoire est vraie ou possible, l’ensemble est juste et excessivement prenant. Chaque interruption dans votre lecture est insupportable tout comme au fil du livre on en redoute la fin, l’achèvement. Ce n’est pas une peur de la chute, mais celle de voir s’interrompre ce voyage.

Et il y a une fin et ce n’est pas bien grave. Le livre refermé on a envie de le relire quasi immédiatement et selon mes critères, c’est toujours un bon signe.


Vos commentaires

  • Le 28 octobre 2009 à 14:26, par ?

    Oup la, j’aime bcp Graham Greene ; il faut svt dépasser les premières pages pour se entrer ou se jeter ds le déroulement de ses récits, s’apprivoiser ses personnages. Et après, on peut plus en décoller.
    ’La saison des pluies’ est un de ses derniers livres ds sa biblio ??

    Pseudo très poète : "Plus on donne, et plus il vous reste." RG
    Je comprends mieux. Ca vole ds la stratosphère !

    Retour à la chronique, moi aussi, il faut que je vérifie ’tropisme’, ça me rassure, je ne suis pas la seule.

    AS

    P.S. : je me délecte !!

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