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Aldous Huxley
vendredi 4 juin 2010, par
Il est de articles dont on se demande de temps en temps ce que l’on attendait pour les écrire. Ils étaient là, pourtant. Ecrits dans notre tête depuis... Dès les premières pages de la lecture de ce bouquin, en fait. Oui, le jeune Archimède est un recueil de nouvelles, deux en l’occurrence, remarquables, et non je n’aime pas beaucoup le genre littéraire des nouvelles.
Lire Aldous Huxley est souvent un enchantement, tant ses histoires pétillent d’intelligence et l’histoire du jeune Archimède ne dépare pas de l’ensemble des écrits de l’écrivain. Deux nouvelles composent donc ce petit ouvrage de cette assez géniale collection à deux euros de chez Folio, l’histoire des Claxton et puis celle du jeune homme qui donne son nom à ce recueil.
Deux histoires, en quelques dizaines de pages... Qui se lisent comme deux romans très courts, mais surtout deux récits remarquables, intelligents, ironiques... Deux pépites, très denses et d’une impitoyable humanité ou plutôt peut être d’une pitoyable humanité. Dans le fond de commerce des expressions que j’affectionne particulièrement, il y a en effet cette citation de Paul Valery :" L’enfer est pavé de bonnes intentions".
L’idée peut sembler juste ou pas, à la limite peu importe, il se trouve néanmoins que dans le contexte de ces deux histoires, elle prend un relief particulier. La particularité de ces récits est donc de mêler avec un rare équilibre des faits et des personnages dont les trajectoires se télescopent, dont les destins se dessinent, se forgent du fait de ces impacts que sont ces rencontres, ces confrontations entre les différents acteurs.
Je dirais volontiers, tiens hop, soyons fous, je le dis donc... que la morale de ces histoires un peu cyniques est évidente, elle tombe comme un couperet au terme de ces petites narrations faussement légères. S’il existait une école pour les futurs parents, ce livre serait au programme, pour marteler en toute délicatesse qu’il y a dans les enfants cette part de Mozart, de liberté sacrée qu’il ne faut pas menacer, étouffer sous peine... De devoir aller acheter pour deux euros le livre dont il est questions, parce que vous n’imaginez pas non plus que je vais tout vous raconter pour vous permettre à peu de frais de vous la raconter lors de votre prochain dîner.
Je n’exclus pas de nourrir encore quelques illusions tenaces sur les conversations que l’on peut avoir lors de ce genre d’occasion. La fantaisie résiste assez longtemps, mais bon, il suffit, allez zou deux euros pour un livre qui vous donnera l’air d’être cultivé et humaniste à la fois, la vérité c’est une affaire.