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Le vent dans les voiles, Jacques Perret

dimanche 22 novembre 2009, par Nico

Mes chers amis, me voici de nouveau sur la page après un très léger passage à vide, ma prose ayant été monopolisée par celle qui occupe dorénavant mon esprit...... vous marrez pas, ça arrive à des gens très bien. J’aurais pu vous parler d’arbitrage, de foot, de toutes choses dont on se fout royalement. Non. En d’autres lieux la misérable main du sieur Henry sur une croupe callipyge n’aurait même pas déclencher une gifle en retour ; c’est dire s’il a fallu revoir l’action en gros plan et au ralenti.....

Bon bref, éloignons-nous de ces terrains nauséeux et peuplés de supporters hirsutes et naviguons en compagnie de Gaston Le Torch. Un homme, un vrai. Après avoir parcouru les champs de bataille de feu notre empire colonial et ceux de la Der des Der, notre ami est à la retraite. Malgré son oeil perdu et ses cicatrices éloquentes, il s’est marié pour faire bien.... j’vous ai dit que ça peut arriver à des gens bien et alcooliques. Au lieu d’envahir les casernes en vendant des assurances AGPM affublé de cravates ridicules que seuls les militaires en retraite osent porter, il erre dans les bibliothèques à la recherche de sa lignée paternelle qui a toujours combattu pour le renom de la France et la gloire de ses bons monarques. Plus de 200 vaisseaux coulés par le fond tout au long de l’histoire, de l’Anglais, de l’Espagnol du Batave et même des barbaresques. "Sang de preux, sang de Dieu !!".

Oui mais voilà, il arrive toujours un malheur et il découvre qu’un ancêtre, Eugène Le Torch, a fui devant une frégate anglaise (toujours eux qui foutent la merde) moins bien armée, par une journée d’octobre 1697. Il faut derechef venger l’outrage subi par la famille à cause de ce fesse Matthieu d’Eugène.

Couler un yacht anglois en rade de Saint Tropez ? Il y pense sérieusement mais non.

Eperonner un thonier barré par un Godon au large de Saint Pierre et Miquelon ? Bien mais pas top....

Il faut dire qu’il est peu aidé par des parents proches précipités dès le jeune age dans le notariat, ou pire la fonction publique et fort peu avides de laver le déshonneur par le sang. L’embourgeoisement et la moquette épaisse ramollissent la race.

Alors notre bon Gaston prend LA bonne décision ; il est militaire, c’est normal. Se servir une p’tite rasade (un tonneau, plutôt) de ce muscadet gouleyant pour préparer son plan. Le Hic, c’est qu’il y a avis de grand vent dès l’apparition du muscadet dans ce bar du quartier St Sulpice et voilà notre homme projeté, comme une mouche à merde sur un pare brise, en pleine bataille navale sur La Douce, la frégate de son ancêtre...... l’avant veille de ce jour de honte. Mais l’heure est à la bagarre avec le Trono de Neptuno, vaisseau amiral espagnol.

Vous avez aimé Masters and Commanders ? On s’en fout car ici tout est truculent, la gouaille fleurie, les combats rudes. Les entreponts sentent la poudre et les effluves corporelles. Les prises de guerre sont charmantes, espagnoles et très accortes avec les officiers français. Enfin, les vaincus ont le bon goût de se brûler la cervelle.

Mais après avoir défait un tel bucentaure tant redouté de tous, que faire d’une victoire à la petite semaine devant une misérable frégate, fût-elle anglaise ? Eugène décide qu’on ne redescend pas de l’Olympe sans déroger. Gaston peut-il réellement réécrire l’histoire comme dans "Nimitz retour vers l’enfer" ? Oui, mais non.... (en anglais, Yes but no)

Depuis « un singe en hiver », chacun sait que le vin est un délicieux moyen de locomotion ainsi qu’un remède à l’orgueil blessé et Jacques Perret est un conteur merveilleux. L’auteur de ce roman « Le Vent dans les Voiles » a signé également « Le Caporal épinglé », magnifiquement adapté à l’écran. Il est de la même veine qu’un Audiard et les pages défilent rapidement au rythme des combats navals.

Alors levons nos verres et cinglons les océans à la recherche de l’honneur perdu en compagnie de Gaston !!


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