Accueil du site > We love it > Lire > Polars

Robert Crais, une dizaine de polars, série en cours...

vendredi 10 avril 2009, par GB

Robert Crais écrit des polars. Voilà le sujet. Des questions ? Oui c’est un peu court, un poil sec, mais j’avoue que de temps en temps plutôt que de s’efforcer à une éloquence écrite dont je suis trop rarement capable, j’ai envie de dire, ça c’est bien. Et c’est bien ça, ce dont-il est question. Faut pas se mentir (à soi en tout cas, les autres... c’est pas bien mais c’est autre chose...) Parfois on aimerait être cru sur parole.

Robert Crais né en 1953 à Bâton-Rouge en Louisiane et on pourrait raconter des trucs sur sa vie, mais quel intérêt ? Il écrit des polars, une sorte de série mettant en scène Elvis Cole (le patron de l’agence de privés) et son psychopathe de pote Joe Pike. Comme pas mal de braves gens qui aime bien la pitanche, Elvis aime la bière et les vannes faciles, il aime bien faire son intéressant et distribuer des bourre-pifs. Il en prend sa part aussi et incarne assez bien le "privé" auquel on s’attend depuis que Bogey a in incarné le privé type défini par Chandler, Phil Marlowe.

Ses petites aventures se passent essentiellement à Los Angeles et le confrontent régulièrement aux porteurs d’insigne du département de la police de la ville. Chez ces braves gens il y a aussi des bons et des méchants et enfin des méchants cons. Du genre des types qui croient volontiers que les privés sont les méchants, est-ce-bête...

Pour vous donner une idée du casting, je cède la parole à l’auteur qui nous présente Elvis : "J’ai trente-cinq ans et j’ai obtenu ma licence de détective privé il y a sept ans. L’Etat de Californie exige trois mille heures d’expérience avant de vous accorder une licence. J’ai passé tout ce temps avec un nommé George Feider. M. Feider était détective ici, à Los Angeles, depuis près de quarante ans. Avant, j’étais agent de sécurité, et avant encore, j’ai passé un certain temps à l’Armée. Je mesure environ 1,80 m, je pèse 85 kilos et j’ai un permis de port d’arme." et puis le trop tranquille Joe Pike qui a des éclairs rouges tatoués sur les bras et des lunettes de soleil greffées sur le visage : "Quand les gens regardent Joe Pike, ce qu’ils voient en général, c’est l’ex-flic, l’ex-marine, les muscles, l’encre du tatouage, et la paire de lunettes noires qui barre un visage énigmatique. Pike a grandi aux confins d’un petit bourg et passé son enfance à se terrer dans les bois. Il se cachait de son père, qui adorait le frapper jusqu’au sang à coups de poing après s’être défoulé sur sa mère. Les marine n’ont pas peur des brutes alcooliques, et Pike s’engagea donc chez les marines. En voyant avec quelle déconcertante facilité il se mouvait dans la forêt et les sous-bois ; ses supérieurs décidèrent de lui apprendre certaines choses. Pike avait fini par devenir le meilleur que j’aie jamais rencontré pour ces choses-là, et tout ça parce qu’il avait été autrefois un petit garçon terrorisé qui se cachait dans les bois. Quand on est face à quelqu’un, on ne voit que ce qu’il vous donne à voir".

A défaut d’avoir des flingues de concours et la puissance de feu d’un croiseur, cet aimable binôme interprète parfaitement la balade du bon et du méchant, parce que si Elvis est intarissable, le gars Joe dans la nuit ne fonce pas forcément vers l’Amazone , comme le chantait la délicieuse Vanessa Paradis en ses vertes années. Joe il est bon pour l’enfer, il en vient et un jour il y retournera, c’est sur.

Fidèle en amitié, dur au mal et avec les ceusses qu’il n’aime pas, le personnage est parfait, compensant le verbiage et la tentation d’être un bon mec qui tenaille Elvis. Comme ils évoluent dans univers de polar, on soupçonne l’auteur de leur en mettre plein la gueule pour respecter la loi du genre. C’est une des grandes qualités de la série, les intrigues tiennent le lecteur en haleine, il y a la dose de suspens qu’il faut et si les héros sont costauds, ils en ont bien besoin.

Alors pas de méprise, ce n’est pas le top ou l’absolu du polar (qui doit se situer du coté de James Ellroy selon mon goût) mais c’est du sérieux, du solide. Un peu comme le Talisker 10 ans est mon whisky de combat, ce n’est pas le meilleur du monde, mais on attaque quand même dans du solide, du sérieux. On ne se pince pas la bouche, on ne se la beurre pas non plus pour le décrire avec des mots de plus de quatre syllabes, non c’est du bon et ça suffit.


Vos commentaires

  • Le 10 avril 2009 à 06:52, par Nico

    Des détectives gratinés, de la bière, des méchants,....OK

    J’espère qu’il y a des vamps... des femmes fatales à la voix rauque et chaude qui allument notre bon détective et l’envoie direct au terminus des prétentieux. Sinon, je continue mes Harlan Coben et ses picaresques aventures.

Répondre à cet article