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Chronique du Kosovo en devenir

comment construire sans construire tout en construisant

samedi 27 décembre 2008, par André

Bonjour à tous, Je débute ce jour, le 5 décembre 2008, ma chronique sur le Kosovo. Pour certain cela ne veut rien dire, pour d’autre ce sera la possibilité de briller en société. Pour moi cela représentera, représente six mois de ma vie dans un pays en devenir, si la communauté internationale fait ce qu’il faut pour que ce soit possible.

Bon soyons clair, pour moi c’est l’occasion de passer du temps dans un pays où la population vit avec un salaire moyen à 300 euros mais où les boutiques affichent les mêmes prix qu’à Paris. Pour faire simple c’est un pays qui appartient à la population albanaise par le nombre mais qui reste pour le reste, c’est-à-dire le juridique, à la Serbie. Aujourd’hui nous nous sommes baladé entre ciel et terre et entre terre et neige, nous y avons croisé un conducteur iranien en rade sur une route de montagne, nous avons donc fait en sorte de discuter en turc, albanais, serbe et allemand pour le faire repartir. Nous avons ensuite fait halte dans un complexe hôtelier dernier cri… Aussi étrange que cela puisse paraître, des investisseurs mettent de l’argent dans ce pays. Et aussi incroyable que ce soit, la nourriture est simple et bonne. La seule remarque négative serait qu’il est autorisé de fumer dans les bar et restaurant mais bon… (c’est mon coté anti et ex-fumeur qui parle) C’est un pays indépendant pour certain et une région pour d’autre. Dans tous les cas, la population albanaise y est majoritairement présente et s’y sent et y est chez elle…. Alors que dire de plus ?

Traversant de manière hebdomadaire ce pays, une chose frappe. Le paysage albanais est en profonde mutation, il est possible d’y sentir une activité, une vie, une énergie et une soif de construction quasi permanente. En revanche, la campagne serbe se retrouve vide, sans vie et sans construction. Deux cotés dans un pays, deux populations dans un seul ensemble. Deux opposés ? Pour le moment je vais répondre par la positive. En effet, les relations entre les deux communautés se résumes au strict minimum. Et pourquoi ? Peut être pour une simple et bonne raison. La fin du souhait de vivre ensemble. Vous me direz que cela est évident mais cependant vous souvenez vous des français et des allemands ? Vous souvenez-vous des trois guerres que ces deux pays ont fait pendant près de 90 ans ? Vous souvenez-vous de tous ces morts au fonds de nos cimetières militaires et civils ? En bref comment oublier toutes ces souffrances accumulées de part et d’autre, comment oublier ces destructions, comment faire table raze de notre histoire commune ? Pour ma part, je doute que prochainement Serbes et Albanais se tapent dans le dos en buvant de la Slibo (alcool local terrible pour l’estomac mais au combien simple à boire, surtout par l’autochtone car toi l’européen, à moins d’être un Viking et j’en connais, tu auras l’impression d’avaler du débouche chiottes si tant est qu’il soit possible d’en boire). Mais quoi qu’il en soit, il faudra bien un jour trancher là où ça fait mal car sinon que ferons nous, nous communauté internationale, De plan de relance en plan de relance, de planche à billets en planche à billets, de scandales financiers en scandales financiers nous poursuivrons cette chimère ? Pour le moment on attend.

André

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Vos commentaires

  • Le 27 décembre 2008 à 17:42, par Gayo

    Cultée sur ma chaise, je ne voudrais pas foutre ma merde, et tu aurais le droit de me répondre parce que je ne prétends pas tout savoir et tout comprendre et un point de vue "à la source" m’intéresse, mais dis-moi, c’est pas déjà plus ou moins à cause de "la communauté internationale" que cette guerre a eu lieu et du redécoupage du monde fait après la Seconde Guerre Mondiale ? Je sais bien qu’ils se foutent sur la gueule depuis le 11ème siècle pour savoir à qui va appartenir le fromage, mais on ne les aurait pas un peu aidés là, non ?

    On attend, mais quoi au juste ? qu’ils en remettent un couche et que la communauté internationale compte les points en attendant un vainqueur ? Non, parce qu’elle est fortiche pour ça la communauté internationale ou plutôt le petit nombre de connards qui décide de ce qu’il faut faire ou ne pas faire pour garder son bureau et ses avantages...

    J’espère que tu auras compris que je ne parle pas que du Kosovo et que je n’ai rien contre toi, mais plutôt contre cette expression "communauté internationale" qui s’apparente pour moi à "on" et nous savons tous que "on" est un con ! Comme le dit si bien Mamina dans Papy fait de la Résistance, :"Quand on est énervé, ça soulage !"

    Ce petit mouvement d’humeur mis à part, je trouve cela vraiment intéressant d’avoir un point de vue direct qui ne soit pas pré-mâché par une machine médiatique quelconque. Les petites conneries que j’écris sont rigolotes, mais n’ont pas beaucoup d’intérêt, en revanche c’est ce genre de chroniques qui apportent une véritable plus-value au journal et permet aux petites souris comme moi d’élargir leurs horizons (sans mauvais jeu de mot... vous serez gentil de rester "light" sur ce coup-là !).

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