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First with the truth

Conférence du Général David H. PETRAEUS

samedi 27 septembre 2008, par GB

Dans le fond l’adage qui rappelle que s’il n’y a pas que des cons dans l’armée mais qu’ils y sont tous est assez optimiste. Depuis deux jours, je peux le dire il y en a un au moins qui n’en est pas un : David Petraeus.

Qui c’est celui là ?

Personne... Juste le mec qui commandait les forces US en Irak et qui a divisé le nombre de morts par 5 en un an pour les soldats US et les Irakiens.

Le Général Petraeus est un bon mec, il suffit de le voir arriver sur scène pour faire cette conférence. Souriant, détendu, il a un peu l’allure de Bill Gates qui ferait du sport et qui ne porterait pas de lunettes. Après les salamalecs liminaires, il regarde gentiment son auditoire de quatre cents personnes et commence par raconter une vanne, une sorte d’histoire drôle. Les beaux intellectuels de l’assistance y cherchent désespérément un sens, pire certains le trouvent et notre général de balancer : " Bon ça n’a rien à voir avec ce qui va suivre, mais je pensais que c’était une bonne histoire alors..."

Que l’on cause d’un militaire sur le site du journal peut vous surprendre... mais cet homme là, illustre parfaitement l’une des devises du journal : "s’efforcer de penser à ce à quoi les autres ne penseront pas".

Là ou la pensée devient forte c’est lorsqu’elle change le monde. De 2003 à 2006, les américains se sont enlisés en Irak, multipliant erreurs sur erreurs et encaissant des pertes qui donnaient à penser qu’ils ne s’en sortiraient pas.

Les buts de guerre américains n’en restent pas moins peu clairs, la justification de cette guerre est moralement légère et rarement convaincante. Mais une fois qu’on y est, qu’est ce qu’on fait ?

Parce qu’il n’y a pas d’alternative, pour partir il faut gagner d’abord. Et si nous croyons nous autres occidentaux que nous ne sommes pas en Irak, c’est juste une énorme erreur d’appréciation.

La guerre des américains est aussi la notre, même si nous n’avons pas choisi de la faire. Les attentats de Londres et Madrid auraient pu frapper Paris ou Berlin, c’était pareil. Vous n’êtes pas convaincus...

Soit... Imaginons que la bourse US se casse la gueule. Pure hypothèse... Qu’est ce qui se passe dans la foulée en Europe... Rien, ou juste pareil. Et même si ça nous fait braire, quand les américains se plantent, nous nous plantons.

First with the truth

La première idée qui m’a sauté à la gueule dans cette conférence est celle de first with the truth (être les premiers à dire la vérité). Ce qui pour des militaires est quand même révolutionnaire. La fin de la langue de bois me semblait être un oasis hors d’atteinte. Et là, notre américain bien tranquille disait que quand ça merdait, il fallait le dire et qua quand ça marchait il fallait être le premier à le dire aussi. La vérité a un coté agréable, elle est simple à entendre.

Quand un mec vous beurre son propos de "oui, vous comprenez... Terrain difficile et les sangliers avaient mangé des cochonneries..." Fuyez...

Après, la conférence a un peu duré. Cette idée de vérité ne suffisait pas. Il faut bien expliquer aux comptables, aux géomètres comment on a fait. J’espère que l’assistance aura compris ces trois autres éléments aussi :

- Chaque crise, situation est unique et sa solution est nécessairement unique aussi.
- avant de pacifier, il faut se battre, durement, ne pas lâcher son adversaire, lui faire mal. Ca porte un nom, ça s’appelle la guerre.
- Les armées ne gagnent plus les guerres, elles apportent une réponse au volet militaire de la guerre, après la solution est toujours politique.

Au bout d’une heure et demie d’exposé, j’ai eu le sentiment d’avoir entendu une des plus belles intelligences qui soit s’exprimer. Intelligence militaire ergoteront certains, soit. Mais vous en connaissez beaucoup des problèmes plus compliqués et plus dramatiques à résoudre que la guerre en Irak.


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