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Long time no see... Nicolas Sarkozy au Rwanda

mardi 9 mars 2010, par GB

Lors d’un voyage éclair à Kigali, le président de la république est venu reconnaître des "erreurs" que la France aurait commis en 1993-1994 au Rwanda. Cette nouvelle précedant de peu la mise sous contrôle judiciaire d’Agathe Habyarimana, la veuve du président éponyme assassiné en avril 1994 avec son alter ego Burundais.

Nicolas Sarkozy a donc exprimé un sentiment "politique" sur la question rwandaise, au Rwanda et devant paul Kagamé l’actuel président du pays. Devant l’ex chef de guerre du Front patriotique rwandais, le président a joué une partition délicate pour dire sans le dire que tout ne s’était pas passé pour le mieux à l’époque de la prise du pouvoir par Mr Kagamé dans le pays.

Fleurter (et non pas flirter qui m’agace) avec des euphémismes, danser une gigue improbable devant Paul Kagamé ne pouvait grandir le président français. Depuis 1994 et les génocides des populations tutsies et hutues, c’est peu dire que les relations entre Paris et Kigali étaient tendues. A ce sujet, il faut lire et relire et faire lire le livre de Pierre Péan "Blancs menteurs, Noires fureurs".

En son temps, le juge Bruguière avait lui aussi incriminé (accusé de) Paul Kagamé d’avoir commandité l’attentat contre l’avion de Juvénal Habyarimana. L’enquête n’est pas close et nombre de proches du président rwandais sont sous le coup de mandat d’arrêts internationaux.

Pour faire court, en juin 1994, la France seule, était intervenue à lfrontière du Congo pour séparer les parties et préserver la paix chancelante au Congo de Mobutu. L’opération Turquoise avait empêché que se poursuive sur le sol congolais les génocides en cours. Pour mémoire toujours près de 50% des Tutsis rwandais ont été assassinés en 1994, et au moins autant de Hutus le furent également ( en pourcentage la valeur est plus faible, mais la proportion de Rwandais hutus est de 80%...).

Une histoire, anglo-saxonne, n’a retenu que les massacres abominables des Tutsis. Hélas, leurs malheurs ne le cèdent en rien aux massacres des Hutus. Dans cet abime de crimes, les distinctions sont un peu vaines. Le président Sarkozy a froidement chargé Juvénal Habyarimana de la responsabilité des crimes survenus. Il est vrai qu’au lendemain de son assassinat les bains de sang ont commencé, mais c’est à nouveau un peu court.

Depuis une quinzaine d’années, le pouvoir qui s’est mis en place à Kigali foule avec application toute idée de démocratie. Ce qui n’a pas empêché nos amis Anglais de faire rentrer le Rwanda dans le Commonwealth, en dépit du fait que le pays n’ait jamais eu de lien particulier avec la Grande-Bretagne. Pendant ce temps là, les principaux opposants au retour à toute forme de paix au Congo (dans la région des Kivus) sont pilotés par Kigali.

C’est un peu emmerdant tout de même... Et je mâche ou rumine mes mots avec soin, car le sujet est sensible. Il m’apparait en effet que renoncer à la vérité n’est pas la meilleure des bases qui soient pour construire une politique étrangère. Ce n’est pas le meilleur chemin pour permettre que justice soit rendue aux centaines de milliers de morts du génocide rwandais, au risque de paraître têtu. Pour ma part, je souhaite à Paul Kagamé le destin de Saddam Hussein, mais peut être faut-il y voir l’expression de mon mauvais caractère, à tout prendre, il est vrai que j’en voulais moins à Mr Hussein.


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