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jeudi 6 mai 2010, par
Inlassablement l’actualité prend une sorte de malin plaisir à nous renvoyer des images des endroits que nous avons aimés. Aux frontières Est du Congo, se trouve le Rwanda, dirigé par Paul Kagamé depuis une bonne quinzaine d’années. Au terme de génocides invraisemblables, le pays des milles collines est redevenu calme. L’ordre règne à Kigali, citée en exemple dans les pays Anglo-saxons pour son redressement économique, la discipline de la population, la qualité de son armée.
L’ordre règne. Victoir Ingabire peut en témoigner, difficilement, mais la dirigeante du Front démocratique unifié (FDU) a été emprisonnée pendant quelques jours.
" Victoire Ingabire était rentrée d’exil au Rwanda le 16 janvier. Le jour de son retour au Rwanda, l’opposante avait demandé, après avoir déposé une couronne de fleurs au mémorial du génocide à Kigali, que les auteurs de crimes commis contre les Hutus en 1994 soient également jugés. Le régime rwandais l’accuse, depuis, d’avoir nié, par de tels propos, la réalité du génocide de 1994" source libération
Depuis trois lieutenants-colonels des Forces démocratiques de libération du rwanda (FDLR [1]) ont été opportunément arrêtés et ont avoués avoir été soutenus financièrement par Madame Kabiré. Ils ont aussi la politesse de confesser leur intentions de commettre des attaques terroristes dans le pays.
La présidente du FDU a été présentée à un juge devant lequel elle a nié toutes les allégations portées contre elle. Elle risque de ne pas pouvoir se présenter à l’élection présidentielle du mois d’août 2010 contre Paul Kagamé.
Le crime de Victoire Ingaribe est assez simple elle refuse la thèse officielle du pouvoir. Selon laquelle les seuls Hutus sont responsables du génocide dont seuls les Tutsis furent les victimes. Victoire Ingaribe demandait que soient également jugés les crimes commis contre les Hutus.
Ce crime de contestation de l’histoire officielle, écrite par les vainqueurs, pose un vrai problème, car il ne s’agit pas de contester que les Tutsis ont été victimes de génocide. Non. Ils ne furent pas les seuls, des centaines de milliers de victimes hutues attendent encore que justice leur soit rendue.
L’emprisonnement d’opposants, les procès opportuns... Ca rappelle peu de bons souvenirs. Mais voilà, ça, c’est de la démocratie contrôlée, tempérée par la police politique et les procès du même nom...
Pour aller plus loin, il faut lire Pierre Péan sur le docteur K ou son enquête Noires fureurs, Blancs menteurs.
"Nous avons enregistré un certain nombre de cas d’intimidation et de harcèlement contre des groupes d’opposition au Rwanda ces derniers mois", a souligné Erwin van der Borght, directeur du programme Afrique à Amnesty International. "A présent, avec l’arrestation d’une potentielle candidate à quelques mois des élections, nous appelons le gouvernement à démontrer qu’il ne s’agit pas d’un nouveau cas" d’intimidation, poursuit-il.
[1] Les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR, Urugaga Ruharanira Demokarasi No Kubohoza U Rwanda en kinyarwanda) regroupent essentiellement des Hutu et des soldats des anciennes Forces armées rwandaises de Juvénal Habyarimana et des anciennes milices interahamwe. Elles sont basées dans l’Est de la République démocratique du Congo. Ce groupe a pris cette dénomination en 2000, après s’être appelé Armée de libération du Rwanda (ALIR). Sous ce nom, l’organisation est placée sur la liste officielle des organisations terroristes des Etats-Unis d’Amérique1. Ces forces ont pris forme dans les camps de réfugiés du Zaïre en 1994, organisés par l’opération Turquoise de la France au Rwanda du 22 juin au 21 août 1994. Médecins sans frontières avait quitté ces camps en novembre 1994 en dénonçant ces reconstitutions des forces dans les camps. (Voir désarmement symbolique et non-arrestation des génocidaires) Le gouvernement de Kigali demande le démantèlement de ces forces depuis 1994. En 1996 lors de la première guerre du Congo, l’armée du régime actuel du Rwanda a poursuivi ces forces à travers les forêts du Congo et massacré plusieurs milliers de ses membres et des populations réfugiées prises en otages par ces forces génocidaires. Ces rebelles ont contribué à la déstabilisation de l’Est de la République démocratique du Congo. La Commission d’enquête citoyenne française et la journaliste Colette Braeckman, du journal belge Le Soir, ont eu des informations selon lesquelles la France aurait contribué à leur armement. Selon la MONUC, qui est chargée de leur désarmement, il y aurait encore 8000 membres des FDLR en RDC, fin 2004. Les FDLR ont annoncé officiellement début avril 2005 qu’elles acceptaient de renoncer aux armes et de rentrer au Rwanda. D’autres membres de FDLR sont déjà rentrés au Rwanda depuis plusieurs années. L’actuel chef des FDLR, Ignace Murwanashyaka, a été arrêté le 17 novembre 2009 en Allemagne, où il était réfugié politique depuis 20002 wikipedia.