mercredi 9 juin 2010, par
Comme le dit un vieil adage populaire, nous avons tous un sosie. Ce qui est plus rare, c’est quand deux sosies sont célèbres. Et ce qui est plus embêtant pour une célébrité, c’est quand son sosie est pour sa part célèbre dans l’industrie du cinéma pour adulte. Bref, une star du porno. C’est pourtant ce qui arrive à Bernard Pivot et à Annie Cordy.
C’est sur le plateau de son émission Apostrophe que Bernard Pivot a appris de la bouche de Brigitte Lahaye elle-même (et quelle bouche diront les fans vintage) qu’il était le sosie du célèbre Alban Ceray, acteur français le plus prolifique dans son genre dans les années 70 et 80. Lequel Alban Ceray est aussi un personnage bien connu du monde tout aussi interlope du mercenariat de la même époque… En ce qui concerne Annie Cordy, son sosie est une actrice américaine rendue « célèbre » au début des années 80 et poursuivant sa carrière dans le créneau des « vieilles » aujourd’hui : Nina Hartley. Ah ! Nina Hartley… Des émois d’adolescent et ses yeux… Des yeux bleus clairs à damner… La phrase de Bernard Blier dans 100000 dollars au soleil (Henri Verneuil, 1964) aurait pu lui être destinée : « un visage d’ange, des yeux de biche… bref, une salope ».
Mais quel rapport avec le miracle de la Vistule ? Et d’abord qu’est-ce que le miracle de la Vistule ? J’y viens.
La Pologne est un pays d’Europe bordé à l’ouest par l’Allemagne et longtemps bordé à l’est par la Russie. De fait, il a longtemps été leur terrain de jeu, accumulant défaites, génocides, privations, annexions et autres anéantissements. Au point que l’on peut penser que ce que l’on fait de mieux en Pologne, c’est mourir. En 1920 toutefois, encadrée par quelques officiers français (dont le capitaine de Gaulle), l’armée polonaise a défait devant Varsovie une armée rouge pourtant supérieure en nombre. Une victoire ! C’était tellement inattendu que l’on a appelé ça un miracle. Quand on n’est pas habitué à gagner, ça peut effectivement surprendre.
Vous ne voyez toujours pas le rapport avec mes sosies précités ? J’y arrive.
Prenez quatre jeunes gens, pas les Beatles mais simplement quatre Français normalement constitués, et lâchez les dans Gdansk (Dantzig pour les plus anciens) pour une soirée. Après quelques vodkas, vous obtiendrez facilement une discussion dans laquelle seront évoqués pêle-mêle la spiritualité et les pères de l’Eglise, le spiritisme et l’exorcisme, Roger Nimier et Antoine Blondin (c’est un minimum), le cinéma de Max Pecas et les séries télé américaines… Quelques encablures plus loin, dans un bar tendance, entourés de Polonaises pas trop moches (ce qui en fait déjà des bombes), Nina Hartley s’impose alors d’elle-même dans un élan d’émotion mêlant nostalgie, affection et ancien-combattisme. C’est ce qu’on appelle descendre le Mékong.
Certaines nous trouverons consternants, certains nous trouverons géniaux. Je préfère croire que la vodka était très bonne… Et pas chère. C’est ça, le miracle de la Vistule.