dimanche 28 mars 2010, par
Le mot "mousiké" en grec renvoie à l’art des muses et bien entendu à Euterpe l’une des suivantes d’Apollon.
La musique consiste à arranger et à ordonner les sons et les silences selon quatre critères : L’harmonie, la mélodie, le rythme et le timbre.
L’harmonie est l’ensemble des règles permettant la disposition et l’enchaînement des accords. Elle préexiste à la mélodie et constitue la quintessence de la musique. Bien entendu il s’agit des bases de notre musique occidentale.
Nous le savons, Pythagore fut le premier à déterminer sur le plan scientifique ou plus précisément mathématique, les lois musicales que sont celles de l’harmonie et qui ont permis son développement fondé sur une cohérence absolue. La musique des sphères chère aux anciens était fondée sur l’idée que l’univers est régi par des rapports harmonieux se rapportant à la science des nombres. Par conséquent en partant du principe que les notes et les accords joués étaient justes selon les critères scientifiques de l’époque, l’artiste devait entrer en résonance avec l’harmonie fondamentale générée par les corps célestes.
L’homme(microcosme) en symbiose avec le cosmos(macrocosme) Cette idée peut nous paraître dans le siècle actuel assez improbable.
Ce préambule est destiné à mesurer l’incroyable évolution de la musique depuis la première utilisation d’un instrument à cordes(lyre) ou à vent ( flûte) et quelques accords,jusqu’à cette musique dite"savante" du dix-huitième siècle riche et très complexe.
Cette évolution est due pour une bonne part à un moine bénédictin du nom de"Guido d’Arezzo" qui au onzième siècle jettera les bases de la notation moderne sur une portée et sera appelée Solfège.
Il se servira de la première syllabe de chaque vers d’un chant grégorien, en l’occurrence l’hymne à Saint Jean et ainsi attribuera un nom aux notes. Voici deux exemples :(" SOL"ve polluti) et (" MI"ra gestorum.)
Cette notation était destinée aux moines comme moyen mnémotechnique de chant et sera complétée plus tard par Anselme de Flandre avec les initiales de Sancte-ioannes créant ainsi le"SI" nom de la dernière note qui compose notre gamme heptatonique et qui viendra compléter l’octave.
Nous le voyons, depuis le chant, qui fut certainement la première manifestation musicale crée par l’homme, que de progrès accomplis. Quant à la musique contemporaine qui a aussi des liens avec le free jazz, elle naîtra dans les années vingt avec l’école de vienne et donnera naissance à la musique dodécaphonique puis sérielle ou atonale.
Celle-ci correspond assez bien à la description suivante : Elle donne théoriquement une égalité à tous les sons et constitue un ensemble de techniques d’écriture qui consiste à priver l’oreille de ses repères habituels. Il semblerait que d’un côté nous ayons le principe de la beauté naturelle, modale, tonale et harmonieuse et de l’autre une" beauté" artificielle produite librement par l’homme. Nous le savons, le jazz est né dans le sud des états-unis, à la nouvelle Orléans et se caractérise originellement par le swing (balancement) et l’improvisation. Les racines du jazz se trouvent, du moins pour la partie non instrumentale dans les champs de coton avec les "worksongs", dans la religion avec les gospels et les "spirituels" et enfin dans l’expression du désespoir des afros-américains et qui sera appelé "blues".
Cependant, une révolution est en marche, en effet, ce jazz dansant évoluera avec Charlie Parker, Dizzie Gillespie et Miles Davis à partir de 1945 et s’imprégnera en partie des harmonies de Ravel et de Debussy. En quelque sorte, un retour aux sources. Pour résumer, c’est donc bien l’interaction entre l’émetteur et le récepteur qui déclenche en nous un florilège d’émotions générant plaisir et pourquoi pas un peu de bonheur.
Vos commentaires
Le croisement art/science est très réussi, les prochains articles, bientôt ??