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vendredi 9 juillet 2010, par
Liqueur de violette et mûre... Je crois que ce sont les ingrédients particuliers du mojito pourpre du bar du Hyatt à Paris. Un atome de parfum dans un grand verre frais, très frais. J’aime assez l’idée de connaître les bars d’hôtel pour trouver dans chacun d’entre eux, le coquetèle d’exception qui vaut que pour lui seul on brave la canicule ou les frimas de l’hiver.
Le bar du Hyatt a une très jolie carte de coquetèles et propose aux béotiens comme aux amateurs éclairés, soixante-dix ouisquies. Soixante-dix ouisquies, j’aime aussi ce chiffre derrière lequel se dissimulent, plutôt mal, les prémisses d’une soirée d’anthologie. Mais ne nous éloignons pas trop de notre mojito pourpre, ses 25 centilitres de pure fraîcheur, ronde, acidulée, à peine alcoolisée, méritent toute notre attention.

Sis du coté de la rue de la Paix, pas bien loin du Westminster et de son Dukes’ Bar, l’Hôtel Hyatt s’est caché derrière la façade d’un immeuble haussmannien des plus orthodoxes, c’est à peine si le sas d’entrée laisse deviner un univers clair, plus tout à fait crème, pas encore caramel, dessiné avec soin, rectiligne, harmonieux. Le souffle parfumé de la clim vous caresse un instant, vous donnant fugitivement la sensation d’entrer dans un spa. Voici le hall, clair et chaleureux, géométrique, soigné comme une évidence, qui s’étire au fil d’une salle à manger et qui file rejoindre la cheminée d’un salon du bar, la cour carrée du patio.
En dehors des périodes de demi-saison, l’endroit où il faut se tenir, le lieu clé, est le bar. Il mêle les teintes chocolat et bronze, offrant ce secours inestimable pour tous d’un éclairage tamisé et indirect d’où n’émergent que quelques toiles plus éclairées qui sont autant de taches de couleurs et de vie qui animent cet espace. Un soupçon de musique Lounge, une moquette épaisse, des fauteuils profonds en font un havre, un cocon. Ici, dans cette ambiance feutrée, qui semble faite pour accueillir les amants agités, pour les dissimuler au monde, tout semble avoir été dessiné pour vous garder des bruits de la cité.
Les silhouettes sombres et stylées des barmen se glissent dans la pénombre, passent de table en table, seules oasis éclairées et qui semblent isolées les unes des autres. Ils vous proposent la carte, mais sans hésiter, commandez soit un mojito pourpre (purple mojito en anglo-saxon dans le texte) ou un « 100% red », c’est léger comme un soupir, frais comme une jeune fille.
Une ribambelle de tapas plus fins les uns que les autres peuvent accompagner vos verres, c’est plus que recommandé ou souhaitable, c’est nécessaire, indispensable. Pour nos admirables compagnes, moitiés jusqu’à la pire des emmerdeuses, n’oubliez pas les macarons... D’après des études scientifiques poussées par moi-même et un ou deux de mes camarades, plus que le casque bleu, le macaron framboise vous apportera quelques instants de paix.
Ah, vous l’aurez compris nous sommes loin (géographiquement non, mais tout de même) du Harry’s bar, haut lieu des bas-fonds de l’ivresse, où certes l’on trouve aussi à se désaltérer. Vous êtes loin en effet du brouhaha du bar du haut, de ces verres sévèrement dosés qui vous font passer l’envie de faire votre malin et qui vous rapprochent irrésistiblement de vos limites.
Il y a au Hyatt, moins d’ambiance, plus de calme, de fraîcheur et une sorte d’ébauche de sensualité apaisée.
Hôtel Park Hyatt « Vendôme » 5 rue de la paix 75002 Paris
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Vos commentaires
J’acquiesse, totalement, et j’ajoute à cette très jolie tentation le petit dernier mojito qui je crois a été baptisé red delight. Et aussi le cocktail whisky tendance rouge crée sur mesure la semaine dernière. Ah, et puis j’oubliais, pour ceux qui aiment, les champs d’orchidées blanches, et surtout surtout la signature olfactive qui fait rien qu’à me narguer trois mètres autour de l’entrée. Bref suis fan, et trouve le papier très à la hauteur.