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The duke’s Bar

lundi 3 novembre 2008, par GB

Une des caractéristiques étonnantes de la vie nocturne parisienne est que parmi les endroits les plus agréables qui soient pour prendre un verre figurent les bars des grands hôtels. Le plus souvent ils offrent en effet des cadres impeccables et chaleureux, confortables parfois égayés par la présence d’un pianiste.

Ainsi en est-il du Duke’s , le bar de l’hôtel Westminster sis rue de la Paix. Un hôtel rue de la Paix et pourtant non, ce n’est pas du Monopoly, ce n’est pas hors de prix. Sans doute parce que ce n’est pas la source principale des revenus de l’établissement qui l’héberge, mais plutôt une carte de visite. Le Duke’s baptisé en hommage non pas d’un lointain cousin d’outre manche du duc du Bordeaux, mais bel et bien du célèbre Jazzman Duke Ellington est de ces bars où l’on se sent instantanément bien. L’ambiance chaleureuse et douillette que forme cette alliance de boiseries et de fauteuils club en cuir et des banquettes en velours vert bouteille, une moquette profonde y est pour beaucoup. Le cadre confortable est mis en valeur par des éclairages tamisés aux couleurs chaleureuses qui participe à son tour à une ambiance feutrée, presque amicale.

On sent rapidement que l’on est pas dans un établissement dont la rentabilité est le maître mot, bref on est pas au Mac Donald de la grande surface de base. Deux barmen en costume sombre officient dans l’établissement tous les soirs, le service est sobre, ce qu’il n’est jamais assez tant il est pénible de tomber sur des cuistres qui prennent leurs alcooliques de clients pour des potes. La cave à alcools est richement fournie et fait de l’endroit un sûr refuge pour attendre la fin du monde en se pintant d’importance mais pas forcément sans élégance non plus.

L’établissement à la différence du bar du haut du Harry’s vous propose une carte qui inspire confiance. Bon, en fait au Harry’s, il n’y a pas de carte au bar du haut, c’est plutôt plus rustique, mais la philosophie n’est pas la même non plus. D’une part vous avez un bar d’hôtel de luxe et de l’autre un bar d’habitués, une maison d’abattage d’illusions et un terminal des prétentieux qui croient s’y connaître. Revenons au Duke’s, un autre de ses charmes, de ses atouts est la présence d’un pianiste, Jean Luc, à mon sens l’un des tous meilleurs de la place de Paris qui pour peu qu’il vous trouve sympathique vous jouera à peu près tout ce que vous voulez comme peu de gens en sont capables.

Le tout sous l’œil patelin et serein de Gérard, maître barman de l’établissement qui n’est que courtoisie et politesse, je veux dire vraie courtoisie et politesse, car il ne s’abaisse jamais à courtiser le client mais il offre généreusement ses conseils pour vous guider dans le choix de votre poison du soir.

A mon sens un barman n’est grand que s’il sait interpréter les mots que vous employez pour décrire l’effet que vous attendez de votre verre. Je lui dois quelques découvertes dont celle du French 75 entre autres. L’endroit plus que ses boissons est à consommer sans modération. En effet, je crois que l’on n’est bien dans un bar que lorsque le barman a, à votre arrivée, l’imperceptible sourire destiné aux habitués.


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