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samedi 18 juillet 2009, par
« Du grec ! ô ciel ! du grec ! il sait du grec ma sœur ! » […] « Quoi ! monsieur sait du grec ! Ah ! permettez, de grâce, Que pour l’amour du grec, monsieur, on vous embrasse. » (Molière, Les Femmes Savantes) Ouais, pratique le grec, et pas seulement pour se faire embrasser ! C’est très amusant à observer, les gens qui ont fait du grec sont comme un groupe, une famille : peu importe leur opinion politique, leur milieu, ils se reconnaissent entre eux, ils ont le même amour de l’honnêteté intellectuel et la même forme de construction de pensée. Et puis, contrairement à ce que l’on peut croire, dans la vie quotidienne, c’est un vrai plus : ça aide pour claquer son beignet à 2 ou 3 gros lourds qui se la racontent, par exemple ou encore pour comprendre les deux mots barbares dont j’ai affublé mon titre sans se servir d’un dictionnaire ou d’internet…
Allez, je vais être gentille, je sens qu’il y en a qui trépignent intérieurement d’impatience et voudraient connaître le fin mot de l’histoire, sississi, ne faîtes pas les timides. Alors, pour faire simple, un triskaidékaphobique c’est un peureux du chiffre 13, et un paraskevidékatriaphobique c’est un trouillard des vendredis 13. Mais pourquoi tant de haine envers ce nombre qui n’a fait de mal à personne ? Pourquoi est-il si souvent puni d’étage dans les ascenseurs, de placement pour les passagers dans les avions, ou de numéro de chambre dans les hôtels ? Hein ? Pourquoi ?
Les nombreuses incidences liées au nombre 13 dans les domaines temporels, religieux, mythologiques, historiques ou mathématiques semblent expliquer le caractère mystérieux et les superstitions qui entourent ce dernier.
Lors de la Cène, Jésus réunit autour de lui ses apôtres. Le treizième convive qui n’est autre que Judas le traître qui, comme vous le savez tous, le mènera vers le Calvaire. Dès lors, le chiffre 13 est lié aux souffrances du Christ et fut à l’origine de la superstition entourant le nombre d’invités à table. Ce qui est amusant, c’est que cette même croyance est véhiculée dans la mythologie nordique : en effet, Odin avait convié 12 dieux à dîner au Valhalla. Un treizième invité surprise se présenta en la personne du dieu poltron Loki, dieu du mal et du chaos, ce dernier est représenté avec des cheveux roux (comme l’ami Judas). Le bien-aimé dieu Balder tenta d’expulser l’importun, s’ensuivit une rixe au cours de laquelle Balder reçu un coup de lance qui lui fut fatal.
Pour mieux explorer le sujet, arrêtons-nous un instant sur le chiffre 12. Dans les mythologies chrétiennes, grecques ou latines, il est le nombre « saint », celui de la régularité, de la normalité. Il y a 12 mois dans l’année, 12 heures le jour et 12 la nuit,12 constellations, 12 signes du zodiaque, 12 dieux dans le Panthéon ou l’Olympe, 12 travaux d’Hercule, 12 tribus d’Israël, 12 Apôtres…. Ce nombre est divisible par 2, 3, 4, 6 ou 12 alors que 13 n’est divisible que par 1 ou lui-même et à ce titre, il représente l’irrégularité et tombe dan une portion opposé du divin. L’ajout de l’unité au nombre parfait (12+1) signifie la rupture d’un cycle, la mort initiatique pour une renaissance (et fait référence aux croyances Kémétiques de l’Egypte antiques). D’ailleurs, Mem, la treizième lettre de l’alphabet hébreu, s’apparente à la mort ; de même, la treizième carte du tarot représente la fin d’un cycle en la figure de la Mort. Par ailleus, la corde des pendus chez les vikings possédait 13 nœuds.
Notons enfin pour terminer de fustiger ce pauvre 13 que c’est dans son chapitre, dans le livre de l’Apocalypse, que la Bible mentionne le nombre de la Bête le 666…. Houhou !!!! La Malédiction n’est pas loin....

Tout d’abord, on notera que le vendredi est un jour banni par la Bible, le mot ne s’y retrouve nulle part, on lui préfère l’expression « sixième jour » (je paie un verre au St Thomas qui me prouvera le contraire). C’est un vendredi que le Diable tenta Eve et qu’à son tour elle tenta Adam, que Caïn tua Abel, que le déluge s’abattit sur la Terre et par la même occasion commença le périple de Noé, que le Temple de Salomon fut détruit, qu’Hérode fit tuer les Innocents, et c’est aussi un vendredi que le Christ fut crucifié….
En France, la superstition est liée au vendredi 13 octobre 1307, jour où tous les Templiers furent arrêtés sur l’ordre de Philippe Le Bel, et à la malédiction qu’aurait proféré au roi le grand maître de l’ordre Jacques de Molay sur son bûcher : « Vous serez tous maudits, jusqu’à la treizième génération ». Pour connaître la suite, je vous invite à vous replonger dans vos livres d’histoire ou dans les Rois Maudits. Rajoutons que, depuis la Rome antique, le vendredi est le jour de l’exécution des criminels condamnés à mort ce qui lui confère une certaine connotation morbide populaire.
Mais, le véritable moteur de la superstition, cependant, serait tiré d’une légende septentrionale. Dans les pays Nordiques, Teutoniques et Germaniques, Frigga (ou Freya) était la reine des dieux, la déesse de l’amour, de la fertilité, de la lune et de la mer, associée au printemps, aux chats et aux oiseaux. Le vendredi était le jour consacré à son adoration (Friday est d’ailleurs la dérive du terme le jour de Freya ou « Freya’s day »).
Lorsque les tribus nordiques et germaniques se convertirent au Christianisme, Frigga fut bannie est envoyée (symboliquement) sur une montagne, considérée comme une sorcière au chat noir. Depuis, chaque vendredi 13, la déesse pleine de rancune convoquerait onze sorcières et le diable. Si vous rajoutez à cela que le cycle menstruel est proche du cycle lunaire, soit environ 13 annuels, il n’en faut pas plus aux esprits benêts et/ou influençables pour associer la femme et la lune au mythe du vendredi 13….
Pourtant, il ne faudrait pas oublier que dans l’Antiquité, le vendredi était un jour consacré à la déesse de l’amour, qu’elle se nomme Aphrodite, Venus ou Frigga et qu’il était considéré, à ce titre, comme le plus gai de la semaine (assimilable aux samedis soirs de certains couples, la fête du slip quoi…..)
Par ailleurs, chez les Mayas et les Aztèques, le 13 était considéré comme un porte-bonheur, symbole de renaissance dans un état supérieur. Le treizième est souvent perçu comme le plus sublime, le plus puissant, ainsi, Zeus qui tient cette place parmi ses congénères, se distingue par sa supériorité.
Plus proche de nous, certains trouvent le 13 bénéfique. Les titres des spectacles des Folies Bergères comportent toujours 13 lettres, par exemple. Claude Lelouch a baptisé sa société de production « les films 13 » et débute toujours ses tournages les 13 du mois. Enfin, n’oublions 100% des gagnants qui ont tenté leur chance à la cagnotte souvent doublées ou triplées les vendredis 13… Et puis, surtout, tous les gens formidables qui sont nés un 13 !
Vos commentaires
C’est certainement vrai...
L’apprentissage de la langue grecque doit vachement aider dans la vie de tous les jours.
En revanche, pour ce qui est des compétences en orthographe et du développement de l’esprit de synthèse, ça laisse salement à désirer....