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Rendez nous le pêché

mardi 24 novembre 2009, par GB

Mon Dieu, je sais bien que ce monde change et que c’est aussi ce que l’on appelle le progrès qui fait que tout devient différent. Mais Vous devriez insister sur le sujet du pêché, c’était tout de même drôlement bon... Maintenant avec toute cette liberté, je ne dis pas ça (que) pour faire mon intérressant, mais on commence à s’emmerder un tantinet.

Et oui , je veux du pêché, de l’interdit, du tabou..

Ne me gavez pas avec de la liberté, du droit à l’indécence et de pseudo-idées sur la volupté, l’égalité des sexes, que sais-je encore... Voudriez vous me parler d’ivresse des sens et de la conquête du plaisir ? Vous avez toute mon attention... Mais, insensiblement, vous risquez de me perdre. Je me faisais en effet cette réflexion il y a quelques temps déjà, où est passé le pêché, l’interdit, le plaisir de convaincre une jolie femme de faire en notre compagnie une excitante bêtise.

Après avoir échappé de peu à la nausée en lisant le papier de gayo sur les gens qui se mangent, l’idée de la réhabilitation du pêché m’est revenue, la folie est-elle due à une absence d’essentiel ? Je le crois, il faut que la vie fasse sens pour prendre un peu de sel, et quelle formidable invention que ce commandement "Tu ne désireras pas la femme d’autrui ?" Sacha Guitry, sur le sujet, déclarait "Il ne faut pas coucher avec la femme de ses amis... Mais avec qui alors ?"

Je ne veux pas faire l’éloge de l’adultère, non. Mais le pêché, l’interdit... Cette émotion un peu unique des premières amours me manque. Je ne veux pas considérer que le sexe soit un sport comme un autre, une quête de performance façon course de côtes... Les galipettes nous le savons tous, c’est d’abord dans la tête qu’elles se passent. Et le miracle n’est pas que l’on nous dise oui, non... La beauté de la chose est que l’on pouvait nous dire non, et j’ai envie que l’on me dise non, un petit non qui masque mal l’envie de dire de oui, un non qui fait tout le sel de l’abandon... plus tard.

Comment vivre un désir, s’il n’est pas aiguisé, refusé et seulement plus tard libéré ? Le oui tout de suite... Non merci. Non merci, et ne me parlez pas davantage de ces filles qui se déshabillent toutes seules... C’est vrai quand même, songez à un paquet cadeau, l’enveloppe est à la fois un mystère et un obstacle. Et les fringues, plus y en a, meilleur c’est (au départ).

Chaque centimètre de peau doit se gagner, sinon quoi, on se met tout nu et on fait de la gym... Ah la triste idée que voilà, on se croirait en visite médicale. Non, je sais, j’insiste, mais oui, je veux du pêché, du non, non, non... Une main qui arrête la mienne et puis qui recule peu à peu... Qui m’interdit ce qu’elle va m’offrir peut être, ce que je peux perdre aussi.

Non au Fuck-buddy !

Voilà, j’ai envie de sens, de tendre lutte et lorsque le catalogue de Vuitton se flatte de pouvoir écrire que "La prostitution est l’un des grands thèmes de la saison", tout hurle en moi. Ai-je la nostalgie des culottes en coton ? Je ne sais pas, mais après avoir du encaisser les jeans taille basse et les strings, pardon ! Pardon, mais ça ne va pas à tout le monde ces trucs là...

Comment en sommes nous arrivé à faire l’apologie de la salopitude ? Femme, ma soeur, ma mie, mon amante... Je t’en prie dis moi non, refuse moi ces saletés qui te voudraient péripatécienne, sois belle et habille-toi, emmerde moi, refuse toi, choisis seule le moment de dire oui, ne cède pas à la pression, affole moi.

Et lentement, pas à pas commettons notre grosse bêtise, notre pêché, que l’interdit nous bloque et que nous le surmontions. Je dois être con, mais je préfère une vie pleine d’obstacles. Je veux de la parade nuptiale, de la crainte de me faire jeter, de la joie que l’on me dise oui.

Rendez nous le pêché !


Vos commentaires

  • Le 24 novembre 2009 à 07:14, par AlyeTTe

    ..., la pesante inconsistance des conquêtes si faciles qu’on se demande bien ce qu’on a gagné. je me moque à peine, en fait, jolie page.

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