Accueil du site > Actus > Sou(rire)

"Un sourire est souvent l’essentiel."

Antoine de Saint-Exupéry

lundi 21 décembre 2009, par Gayo

"Les anges sont des êtres de vapeur et d’écume, ils n’ont pas de mains, ils n’ont pas de pieds, ils n’ont qu’un sourire incertain avec du blanc autour." Daniel Pennac.

JPEG - 3.8 ko

Il m’arrive souvent d’observer. J’aime ça. Où que je sois, quoique je fasse, je prends toujours un moment, un temps particulier où mon esprit se soustrait à mon corps et prend comme de la distance, de la hauteur même, pour observer les individus qui l’entourent. Je n’ai plus vraiment l’impression de faire partie de moi, je m’efface et je détaille les gens, les situations. J’essaie de deviner, je spécule, j’anticipe.

JPEG - 133 ko

Qu’est-ce que la barre qui plisse le front de cet homme peut bien signifier ? A-t-il des ennuis ? Marque-t-elle toujours son visage ainsi ? Est-il heureux ? Et cette femme là-bas qui triture nerveusement ses ongles en fumant sa cigarette dehors, à quoi peut-elle bien penser ? La tendresse et le désir qui lient les yeux et les mains de ces deux ados en forme de promesse et présagent d’autres instants. Quelle bonne vanne peut bien faire rire ces trois copines à gorge déployée ? Combien de temps va mettre cette mère pour s’apercevoir que son fils vient d’essuyer sa main pleine chocolat sur son manteau ? La détresse qui se lit sur le visage de cette fille que le gros lourdaud qui lui lait face est visiblement en train de larguer…

JPEG - 251 ko
JPEG - 154.5 ko

Des questions ou des circonstances souvent sans réponse : la pantomime des êtres qui déroulent leur partition de vie et dont le spectacle de la seule existence anime mon théâtre intérieur.

JPEG - 32.1 ko

L’autre jour, j’étais dans un café et, comme souvent lorsque je suis seule, je m’adonnais à mon petit jeu favori. Lorsque, je l’ai remarqué. C’était stupide, ça arrive tous les jours, tout le temps, mais à ce moment précis, ça m’a comme éclaboussée d’évidente simplicité. Il était là, seul dans un coin, et entretenait une conversation enjouée via téléphone avec un interlocuteur invisible. Puis, il a reposé son téléphone sur la table et a bu son café. L’appareil s’est soudain mis à vibrer annonçant l’arrivée d’un message. En lisant ce dernier, il s’est mis à rire tout seul, comme un idiot, puis a reposé son téléphone. Et c’est là, que ça m’a frappée : le rire avait fait place à un sourire qui irradiait son visage. Il était comme transformé. D’abord franc, il s’estompait peu à peu, mais continuait de l’habiter chaque fois que son regard croisait l’objet inanimé sur la table. Une longue traînée de joie et de gaieté qui le transfigurait et qui disparut inexorablement une fois qu’il eut fourré le portable dans sa poche en se levant. Là, plus de trace, la parenthèse s’était évanouie. Il avait vécu le temps d’un café, comme un shoot de bonheur, une digression qui avait ensoleillé le quotidien de son dépositaire. Je ne saurais pas vous dire vraiment pourquoi… ça m’a plu !

JPEG - 20.7 ko

Répondre à cet article