Accueil du site > Suck my deck
jeudi 14 avril 2011, par
Lançons un vrai débat de fond : faut-il porter des parfums lourds l’hiver et légers l’été, ou le contraire ?
Pas facile, je sais.
Tout est dans tout, et inversement
Il y aura toujours des mecs pour t’expliquer qu’avec le fromage, le pinard, c’est rouge. Qu’avec le foie gras, c’est blanc. Moelleux, voire liquoreux. Pour le poisson, la question ne se pose même pas. Pour sûr, ces mecs-là doivent être élégants... La norme, les normes, on déconne pas avec. Larguer une caisse en public, c’est permis (si on s’excuse d’un ton badin...), mais couper des putains de feuilles de laitue de 12 m², non. NFW. Et si le plaisir venait de l’affranchissement de règles écrites souvent il y a bien longtemps ? Je veux bien, moi, ne pas couper ma salade. Mais y a belle lurette que les couverts ne risquent plus la corrosion. Pareil pour le pinard. Un affranchi ( Thierry Marx) m’a un jour expliqué que pour profiter du mariage d’un plat et d’un vin, le meilleur moyen de ne pas trop se gaufrer était de respecter le terroir. En gros, ton plat a (même vaguement) une origine géographique. Ben tu picoles le pinard qui vient du même endroit. Ça me plaît bien. Du coup, le foie gras du Sud-Ouest, tu te le cales avec du Cahors (14 CV, les dents toutes noires + une haleine de curé) et l’alsacien, avec du Gewurztraminer (mal à la tête et chiasse d’enfer garantie).
Courir pieds nus dans la neige, la tête en feu...
La forme est au service de la forme
Alors, on fait comment ? Les lourdes senteurs musquées de Papa (hoputin, « Force et séduction »...), fini. Oui mais les Eaux fadasses des déjà has-been métrosexuels aussi. Ni trust, ni Soviet. Troisième Voie ? Et si on disait juste que ce n’est pas son odeur qui fait d’un mec un mâle ? Y a-t-il plus féminin que le smoking d’YSL pour Elle ? Mais faire ce qu’on veut ne signifie pas faire n’importe quoi. Y a des pros qui savent. Et plein de gens doués qui essaient de nous rendre la vie plus belle : By Killian, La collection privée Dior, Maison Francis Kurkdjian et surtout, ho-oui-surtout, Le Labo : un ingrédient de base, nourri parfois de dizaines d’autres. Sophistiqué, clean, cérébral, exclusif.
Parfait.
Comme ces deux-là : la chair et l’acier, le feu et la glace, le père indigne et le fils abâtardi. Deux génies. Comment se sont-ils rencontrés ? Peu importe. Let me introduce you Monsieur Gil "The revolution will not be televised" Scott-Heron, enfin sorti de taule, et Jamie XX (From The Xx).
A écouter, auréolé d’un trail de Néroli 36...
Vos commentaires
Vieille antienne que celle-ci : on peut s’affranchir de la règle quand on la connaît, qu’on la maîtrise ET qu’on sait pourquoi on la transgresse. Parce que sinon, hein bon, ça donne des trucs pas jojo.
Y a des règles à ne pas transgresser. Jamais.
Exemple de règle à ne jamais transgresser : j.a.m.a.i.s de cravate quand on porte un jean.
Et bien, y en a des (et c’est pour dénoncer) qui adorent ce look de prof-d’Anglais-à-la-highschool-dans-n’importe-quelle-série-américaine.
Résultat, les cravate-jeans pullulent : http://tinyurl.com/3nvgjnv
Et parfois, ça donne ça : http://tinyurl.com/6c88r2j
Et tout à coup, t’as envie de retourner à Eton, parce qu’on préférera toujours un blazer/cravate club à cet attentat visuel !
Quant aux règles transgressables, elles ne sont pas légions (je crois que tu as cité la majorité d’entre elle, notamment en parlant alliance vin/plat. Pour la salade, ça se passe en amont : le cuisinier se doit de présenter des feuilles de salades qu’il n’est besoin de couper).
Exemple de règle transgressable : pas de rayures sur rayures.
http://tinyurl.com/3ma6stg
Encore faut-il l’assumer.
Tatiana Tolstoï qualifait ce genre de cascade assumée comme "une erreur pardonnable quand elle est faite exprès".
A la fin, mieux vaut suivre la règle quand on n’est pas sûr (et vu le niveau, je suis gentil quand j’écris "quand on n’est pas sûr"). Parce qu’il n’y a que James Bond pour avoir de l’allure dans un smoking blanc, sans avoir l’air d’un serveur.
Does Anyone doubt that ?
Vérifions, alors :
http://tinyurl.com/3v7tsmq
et
http://tinyurl.com/5ubjfoa
(Au passage, la vraie première règle du smoking blanc, c’est "uniquement dans les pays tropicaux").
Alors reprenons :
Evacuons tout de suite le côté "les règles faut les maîtriser pour en parler et éventuellement si on est une star s’en affranchir".
On est (presque) d’accord.
On remonte d’un clic. C’est quoi les règles ? Qui les fait ? (et pour la clarté du débat, on se limitera à la sape).
Qui a décidé, un jour, que la largeur du bas d’un pantalon était égale à la moitié de la pointure de sa chaussure ?
Et donc, quelle est la crédibilité, hier comme aujourd’hui, de ces régles/normes ? Si demain, le modéle masculin devient Paul-Loup Sulitzer ou Balladur, on se transforme tous en oeufs Kinder ?
Donc, je persiste et je signe : Le style est unique. C’est ce qui séduit. Parce qu’il fait appel à autre chose que des maths. L’élégance a ses qualités (quand tu sais pas, regarde dans le livre...) mais aprés 20 ans, on est sensé en avoir terminé avec les expériences weird. Une bonne preuve : Le succés de la photo de street fashion. Qui est pris en photo ? Brumell ou des mecs et des meufs au look affirmé, parfois improbables, rarement élégants ? Avec quoi Garance Doré et Scott Schuman font de la thune ? Des manuels ? Naaaan monsieur. Des vrais gens avec des morceaux de style dedans.
Donc, sans se déguiser, on peut, selon moi, non pas s’affranchir des régles, mais bien les refuser.
Motif : Non légitimes.