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lundi 4 avril 2011, par
Le noir, ce n’est pas une couleur. Ni une anti-couleur, d’ailleurs.
C’est juste le contraire.
De toi.
« A-t-on le droit de porter des pompes plus claires que son pantalon ? » « Nan », répond le puriste. Surtout (sauf ?) si c’est pour les poser sur la table... « Et des lunettes de soleil la nuit ? » « Yeah », répondent Tiga et Casablancas. Veste noire + chemise noire + noeud pap’ blanc, définitivement too much ? Sure. So wot ? L’attitude, faut être au-delà du normé pour l’envisager. L’élégance formate. Pratique pour les petits gros en manque de personnalité. Un bon faiseur, des tissus de qualité, on plaque là-dessus un air arrogant-je-suis-gras-j’ai-les-joues-roses-comme-un-petit-goret-c’est-passeque-j’ai-des-sous, et hop. Sauf que. Sauf que, le style, y a pas de manuel. Faut se le tricoter. Prendre des risques. Les assumer. Dans « assumer », y a « ne pas cogner sur le premier blaireau qui te chauffe rapport à ta dégaine ».
Revenons un instant sur le cas de la chemise noire et de son meilleur pote : le slim noir. Pas classe du tout, nonon. Enculent à sec les règles les plus élémentaires de la GQ attitude, frôlent gaillardement l’excommunication des Ayatollahs en slack beige à malléole apparente lorsqu’ils sont associés à une veste (noire, quoi d’autre ?). Suscitent, en laissant apparaître une ribambelle de bracelets joliment agrémentés de têtes de mort, soit l’hystérie, soit des sourires narquois chez les nains en Cyrillus. Et pourtant. Facile d’avoir l’air con, fringué comme ça. Sauf que. Sauf que, quand ça le fait, ça le fait vraiment. Yeah :
Un début de piste pourrait être le caractère sexuel du truc. Sherlock Holmes contre Jamie Hince, Kate Moss a choisi. Pas beaucoup de vraies bonnes meufs (on laisse les putes russkofs à part) qui ne se laissent pas tenter par un p’tit cul moulé de bad guy plutôt que par un œillet de boutonnière à la milanaise. Alors on peut toujours arguer du fait que faudrait être un rocker pour se fringuer comme tel. Recevable enough. Sauf que. Sauf que, faudrait être châtelain pour porter des frocs en velours à pinces ?
Ou rouler en Rolls ?
U’ll never see R&R dead, cos style will survive U.
Vos commentaires
non mais comment tu pipes les dés : le pantalon de velours gros cotelage, d’ou que c’est élégant, c’est farmer, comme bouseux qui fait lui même sa gnole, et qui te la vend après (beau geste).
si tu veux jeter dans la boue Cyrillus dans le camps "élégance", ben tu mets contre lui un truc stylé à sa taille : Zadig & Voltaire par exemple, ou nike, pas tes über-rockers. c’est pas fair.
La vie de ma mére, Alyette, tu me régales.
Vous êtes 6 sur la terre à ne pas savoir que The Kills (le dernier clip ci-dessus...) font la pub de Z & V depuis un an...
J’te kiffe, boulet.
le boulet a du le savoir, et pis a oublié... et btw ça change pas : Z&V = bullshit, pour faire croire au péquin capitaleux que oui, mais tellement qu’il peut lui aussi avoir du style, même qu’il peut se fringuer comme ses héros rock sur la photo. comme quoi le talent musical, ça dispense pas d’un peu de commercial, mais ciblé, hein, par genre Karl pour une friperie grande diffusion, on est so special ou on l’est pas. ou comment formater le style...
Huummm...
Pas d’accord.
Quessequi t’empêche de porter un froc en velours Cyrillus et un pull Z& V, à part les convenances ?
Les marques proposent, le veau se total-look, le stylé adapte.
hummmm,
un vrai débat bien inutile, ça rafraichit.
le pantalon côtelé Cyrillus (genre même pas Berteil qui zont des pures couleurs insortables) + le petit pull Z&V ?
t’es violent.
en fait non. le décalé a son charme, mais là, on serait plus dans le consensus mi-bourge/mi-modeux.
si je devais rétorquer un truc bien dogmatique à ton duel, j’oserai un détournement du genre "le style n’est rien sans l’élégance". peut-etre même qu’on tomberait d’accord : le tout c’est qui le porte, comment et à quel point.
et puis aussi le noir/gris/blanc c’est lassant, limite facile, la couleur ça a tellement de gueule quand ça se la casse pas. (la c’est sûr, tu vas moins me suivre)