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L’Amiral

lundi 5 juillet 2010, par GB

Le plus souvent, les super productions qui envahissent nos écrans et autres salles sombres sont américaines. Elles en portent les caractéristiques, les qualités, les défauts et je vais vous épargner la liste des uns et des autres. But today, je ne viens pas vous causer ici d’un de ces grands spectacles dont Hollywood a le secret. Non... Aujourd’hui, ce soir en fait, film russe au programme, et c’est du lourd...

Ce soir, dans le ciné club du journal inutile un film russe de 2008. L’action démarre (réellement, ce qui veut dire ? Ce qui veut dire pas le film, mais l’action, merci de suivre !) en 1916, un bal en Finlande, un officier marié rencontre la femme d’un de ses meilleurs amis, et tout naît ainsi dans l’instant...

Tout, ce qui se résume à la plus vieille histoire du monde, aux habituelles sornettes sur le thème du coup de foudre, de la passion amoureuse. Il devrait y avoir matière à vous imposer tous les clichés de la terre, genre Chabadada... chabadada... Mais plutôt que de céder à la tentation de nous balancer des bons sentiments, du sexe de cinéma et des émotions kitsch, le metteur en scène a décidé de nous la faire à l’ancienne, mêlant émotions retenues, sentiments et correspondances épistolaires lues en voix off. C’est autre chose, c’est poétique et délicat, ce qui ne veut pas dire mièvre ou convenu. En fait c’est beau, ce qui surprend toujours agréablement.

Jusque là, nous avons des scènes de guerre d’anthologie, une histoire d’amour, de la bravoure, une photographie remarquable, oui je sais, ça n’a l’air de rien, mais la qualité de l’image dans un film, je trouve que ça compte. Mouais, c’est sur, il y en a des ingrédients dans ce film, on les retrouverait probablement dans les mêmes proportions dans une production hollywoodienne.

Et pourtant ce film n’a rien de comparable avec "Pearl Harbor", ce film de guerre et d’amour grandiloquent, creux et artificiel signé de je ne sais plus qui mais produit par le pas très fin Jerry Bruckenheimer. Il y a bien une femme pour deux hommes, mais elle n’en aime qu’un, c’est très petit bourgeois, mais moi ça me rassure quand même un petit peu.

Donc elle ne couche pas avec tout le monde et l’actrice qui offre plus qu’elle ne prête ses traits à l’héroïne est juste sublimement russe (ça veut dire belle mais avec un charme à tomber par terre... à plusieurs reprises... enfin chaque fois qu’elle apparaît à l’écran). Vous ne voyez pas ce que je veux dire...

Et là, on voit mieux déjà, non ? Toujours pas ?

Autre chose ?

Il est urgent de préciser que ce n’est pas qu’un film pour jeunes filles du XIXème siècle. Camarades bourrins, la suite devrait sinon vous satisfaire pleinement tout au moins vous permettre d’envisager de partager le canapé de votre charmante en regardant ce film. C’est aussi un film de guerre. Sauvés ? Convaincus ? Des détails ? C’est parti...

Des scènes de combat maritime à tomber par terre... d’autres de la guerre en Sibérie, dans cette période inouïe du Baron Ungern, des rouges contre les blancs et inversement, qui est aussi parfaitement rendue dans Corto Maltese.... Pour les sourcilleux, les pointilleux assoiffés de savoir, répondons à la question de quoi s’agit-il ? Amiral retrace les dernière années de la vie de l’amiral Koltchak, héros de trois guerres, plus jeune amiral de la flotte Russe. Et il fut aussi le commandant en chef des Armées Russes blanches qui se battirent contre l’Armée rouge.

Il s’agit aussi d’un film du deuxième film d’Andrei Kravchuk qui nous offre une plongée dans cette part d’histoire de la Russie qui occupe tout au plus trois lignes dans les manuels d’histoire des classes de première. Donc, je pourrais faire long, mais ce film a une âme exceptionnelle, c’est du grand spectacle et de jolies émotions, dans ces temps que Kessel qualifiait fort justement de Barbares. Ce qui nous offre deux bonnes heures de dépaysement, d’aventure et le tout est remarquable. Bon, amateur inconditionnel de Tolstoï et de Dostoïevski, j’avoue un penchant russophile évident, ça n’est pas indispensable, mais c’est dit.


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