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dimanche 9 mai 2010, par
Le film que j’ai finalement décidé de voir, à la place de « dans ses yeux ». Parce que ce dernier ayant eu les honneurs, mérités à plus d’un titre parait-il, de la critique internationale, restera sans doute plus longtemps à l’affiche qu’ « âmes en stock ». Pour tout dire on était huit dans la salle, dont une autre femme qui bien qu’anglaise a ri autant et aussi peu discrètement que moi. Huit, c’est assez peu pour être presque entre amis, mais pas assez pour faire recette. Dommage, parce que très joli film. Original, drôle souvent, émouvant par toutes petites touches délicates, interrogateur.
Le sujet : l’âme. On s’en serait douté. Et qu’en faire quand elle pèse, enserre comme un étau, vous envahie, et vous pourri la vie ?
Un labo futuriste a trouvé la solution : vous en débarrasser, sans risque, dans un processus réversible, et totalement maitrisé. On allonge le prétendant au soulagement dans une machine genre IRM au look de rouleau de papier cabinet géant. Il peut regarder à l’intérieur de son âme, ou s’en garder, avant qu’on l’extraie de son crâne, matérialisée en petite chose informe, un peu molle, ou dense et petite comme un pois chiche (mais faut pas se fier aux apparences, c’est pas la taille qui compte, tout le monde le sait), noir pruneau, rose tagada, ou la plupart du temps gris nuage, plus ou moins hésitant. On stocke l’encombrante dans une éprouvette précieusement et anonymement conservée dans une salle des coffres stérile comme une morgue. Bien sûr c’est safe, parce que c’est aux Etats-Unis. Et Bien sur, c’est aussi pratiqué ailleurs, moins propre, et plus rentable. Là ou il y a commerce, il y a trafic, âmes à louer, vendre, voler… mules abîmées, miséreux exploités, caïds arrogants et leurs écervelée jolies comme des cœurs, mais tellement inhabitées qu’elles même en sont conscientes.
On suit donc pendant une heure et demie les tribulations d’un acteur bouffé par son rôle d’oncle Vania qui cède à la tentation du « libérez-vous de votre âme, vous en avez rêvé, le progrès vous exauce ». Et bien sûr, ça marche pas comme il veut. Il sort libre. mais aussi vide, pauvre, mauvais mari, méchant ami, et pour couronner le tout, piètre acteur. - mention spéciale au passage à Paul Giamatti, qui joue sous son nom et réussi entre autres l’exploit de jouer très bien exprès très mal - Tout compte fait, il revient sur sa mauvaise idée et dans le labo magique…et c’est là que ça se complique.
Je ne vous raconte pas tout, courrez-y avant qu’on le range. Il y a assez peu de façons qui trouvent grâce à mes yeux pour aborder les dossiers délicats. Traiter un sujet aussi grave que l’âme, avec cette salvatrice dérision vous épargnant la guimauve de comptoir, quelques images pointant tout en pudeur la détresse de certains, des vraies questions esquissée juste ce qu’il faut, à vous de bosser derrière, c’est pas du prêt-à-penser, je trouve ça au final très élégant.
j’ajoute derechef cette trouvaille à mes précieuses références du genre, « la cité des enfants perdus » (ovni fantastique sur un névrosé tentant de voler les rêves des enfants dans leurs larmes), « eternal sunshine of the spotless mind » que j’espère ne pas avoir à présenter, et « charges d’âmes », science fiction à frémir de Romain Gary.
Pour ceux à qui ça ne parle pas, il y a des vrais journalistes qui ne lui accordent pas moins que « dans la peau de John Malkovitch » comme grand frère…
Vos commentaires
Je surlike ! Trouvé ici apres 2mn de recherche web (mots-cles : soul+stock ? soul+storage ? ah bah non, "Cold Souls" — vachement moins poetique que la version francaise).
Hop, sur ma liste DVD :)