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samedi 17 avril 2010, par
Ils sont forts ces Américains ! Non, vraiment, je ne me hasarderai pas à plaisanter sur le sujet et je ne dis pas ça que pour Matt Damon, pasque il est super fort Matt Damon, si quand même. Comme acteur surtout. Il n’arrête pas de changer de genre, de personnages, d’emploi et toutes ces sortes de choses, et à chaque fois, il s’impose comme une évidence, tranquille, facile, et d’un seul coup d’un seul on en arrive à la bête conclusion, ah ben oui bien sur.
Visiblement Paul Greengrass, le réalisateur de "Green Zone" s’en est rendu compte, puisqu’il a, à nouveau, fait appel à ses services après lui avoir fait incarner Jason Bourne à l’écran. Jason Bourne, l’immortel héros d’un mythe contemporain du thriller d’espionnage de Ludlum (Robert), "La mémoire dans la peau", que j’ai, en son temps, lu, relu et puis re-relu tellement c’était trop super.
Ce qui n’est pas si fréquent, et pour timidement revenir vers "Green Zone", c’est plus que pas mal du tout, c’est bien et quand j’en suis sorti, je me suis demandé si je n’y retournerai pas un de ces quatre soirs (oui, je ne suis pas ciné du matin, ne me demandez pas pourquoi, c’est comme ça et puis... et puis c’est tout, arrêtez de vous poser des questions tout le temps, vivez merde !).
"Green zone", c’est fort, tellement fort que j’hésite peu avant d’écrire trop fort. Ze pitch, une équipe spécialisée de l’Armée US cherche des armes de destruction massive dans la foulée de la "libération" de l’Irak en 2003. Et comme dans les faits, il n’y en a pas. Et notre trop fort Matt Damon qui joue le rôle d’un super sous-officier (warrant officer=rien du tout dans l’Armée française, nous n’avons pas d’équivalents), commence à trouver ça un tantinet bizarre, puisqu’après tout c’est quand même un petit peu pour ça qu’il fallait gravement péter la gueule de Saddam Hussein et consorts.
Et là, la force, Luke... La force d’un pays qui ne se pose pas de questions, qui plus exactement n’hésite pas à se poser toutes les questions possibles, y compris les moins arrangeantes, les plus emmerdantes. Les Américains sont toujours en Irak, ça ne s’est pas franchement passé comme prévu, mais qu’à cela ne tienne... Avec l’impudence d’un enfant, le cinéma US se pose les bonnes questions, et si tout ça n’était arrivé que par la volonté de quelque salopard, bouffi d’égo, de son importance et de celle de la démocratie imposée par l’emploi de division blindées.
Le thème se prête à une lecture manichéenne, ce qui serait emmerdant. Il se prête aussi à des flots de bons sentiments et de morale poisseuse. Mais d’un sujet plutôt grave, Paul Greengrass fait un film d’action soigné, léché, mitonné aux petits oignons, ça va vite, ça pête un peu de partout et surtout, surtout ce n’est ni mélo, ni con. Et malgré tout ce que j’ai d’européen et de français, bref, malgré toute la condescendance mâtinée d’envie dont je suis capable quand je croise un américain, je n’ai que quelques mots à dire, empruntés à Eric Cantona, pour résumer mon opinion : "Putaing, ils sont forts ces congs..."
Allez moins de tchache et plus de ciné, direction Green Zone, un film américain qu’il est trop fort et Matt Damon itou.