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MESRINE : voulez-vous voir la suite ?

mercredi 26 novembre 2008, par Delta

Vous vous rappelez peut-être que le hasard m’avait conduit à voir le premier volet de MESRINE, le biopic mis en image par RICHET. J’avais bien aimé. J’étais donc le premier de la file d’attente à la séance de vingt heures le jour de la sortie. Récit.

La file n’est pas aussi longue que la dernière fois, tiens, tiens … Ce n’est qu’une impression, suffisante pour vouloir changer de rang. Il est encore temps de changer d’air. Mais la fascination du mal s’est installée et je dois poursuivre ma visite du « mythe ». Ce deuxième et dernier épisode est le film de la spirale qui conduit MESRINE du grand banditisme insurgé et fumeux à l’exécution d’Etat qui clôt la tragédie. C’est un peu comme dans le Cercle Rouge, l’engrenage fatal broyant le brave voyou qui ne peut pas s’arrêter. Le point d’honneur ou le point de non-retour - comme on voudra - est dépassé. MESRINE le Grand offre le champagne au commissaire BROUSSARD, défie les juges, s’évade. Il s’identifie même aux révolutionnaires des années de plombs avec qui il fricote un temps plus par intérêt que réel engagement. Vous vous en doutez maintenant : je n’ai pas vraiment aimé le propos. Le scénario d’Abdel RAOUF DAFRI n’offre rien de bien nouveau. Le robin des bois post-moderne n’a pas pris une ride. Il a même reçu un shoot pré-punk, guévaristo-bling-bling qui plaît tant à une large partie d’un jeune public. Enthousiastes, quelques « cailles » applaudissent leur héros en train d’abattre un journaliste de minute, façon old-school. Les flics sont minables, trouillards, abondamment sifflés par notre jeunesse qui applaudit le crime comme on siffle parfois un hymne national. Malgré quelques répliques et quelques (trop rares) mises en perspectives, j’ai l’impression de vivre une célébration. J’ai envie de partir. Et puis les djeun’s se calment et arrêtent d’insulter cette brave soixante-huitarde qui voulait voir le film tranquille. « La société c’est peut-être de la merde, mais la révolution ne doit pas pourrir mon jour de RTT, enfin ! » se dit la nostalgique des grandes luttes, plus près de la retraite que du grand soir. La morale revient brutalement, à la vitesse d’une balle de pistolet-mitrailleur. Le héros crève comme un rat, piégé dans sa bagnole. Malgré l’image de cette barbe, ce sang qui ruisselle dans une vision quasi christique, le spectacle de cette mort doit donner à réfléchir à la petite bande. La France de cette époque n’a rien à voir un clip de 50Cent. Le gangsta MESRINE est abattu, fin de l’identification pour les relativistes de tout poil.

Je sors à l’air libre. La brise me ramène à la réalité et à des sentiments moins durs pour ce film. Malgré un propos convenu, vaguement fasciné, ce film est bien fait. CASSEL est monumental. Il est MESRINE, méconnaissable. Ludivine SAGNIER est aussi délicieuse qu’émouvante dans le rôle de la pute au grand cœur. A l’écran, la France redevient giscardienne, temps que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître. Le cinéma français d’alors s’inspirait de la réalité pour donner des rôles inoubliables à DELON ou BELMONDO pour en faire un spectacle populaire. Voilà ce que j’ai vu ce soir-là, un spectacle populaire.

C’est un peu ça le cinéma, non ?

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