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samedi 24 novembre 2007, par
James Bond is back... Pour la vingt et unième fois, l’agent le moins secret de sa gracieuse est là. Incarné par Daniel Craig (déjà remarquable dans Layer cake), 007 semble remettre les compteurs à zéro et donner un nouveau souffle, un nouveau départ à cette juteuse saga.
En premier lieu plus qu’un bon James Bond, vous avez ici un bon film, un très bon film. Un film d’action servi par une histoire léchée, rythmée, des personnages dont la psychologie est soignée (pour un film d’action s’entend). On s’éloigne donc heureusement du méchant qui va faire sauter la planête à partir de sa base secrète dans laquelle 800 scientifiques nucléaires et 12 000 hommes de main meurent lors d’une explosion finale précédée de fusillades d’un quart d’heure et de pleins d’effets spéciaux et pyrotechniques.
D’autre part le film ne s’appuye pas non plus sur le casting des 12 miss Playboy de l’année 2005, qui à une plastique de rêve apporteraient un QI de canari adulte en prétendant à des doctorats d’astrophysique nucléaire et moléculaire. Non, dans le film il y a trois femmes, la petite amie du méchant, une héroïne et une très jolie femme d’un autre. Enfin il y a M, qui a du pouvoir prétendre à la page centrale de Playboy en 1955 et qui entre de fait dans une catégorie sensuellement assez peu motivante.
Passons un peu de temps sur ces fameuses James Bond girls, Par ordre d’apparition Caterina Murano (l’enquête Corse, les amateurs doivent s’en souvenir) qui correspond parfaitement à ma définition de "Merci mon Dieu pour vos créatures" et Eva Green qui fait une entrée fracassante dans mon top 5 "idéal féminin".
Belle à en tomber par terre, émouvante, drôle, intelligente (et non pas pour une femme, non, non, juste intelligente), servie par un joli rôle, un texte soigné et qui vous confirme par sa seule apparition que quand il s’y met le bon Dieu peut vous en mettre plein la gueule. A ce propos, James, Daniel Craig, a du l’agacer un poil le bon Dieu, parce que s’il en donne, il en prend pas mal dans sa gueule. Pour le coup 007 n’est plus cet espèce de danseur pour dames aux pauvres vannes à deux balles qu’incarnait piteusement Roger Moore. Comment vous dire, Daniel c’est du rustique, de la brutasse récemment civilisée, il a la boite à baffes facile et on a pas envie d’en prendre une. Dur, parfois cruel, fidèle à l’esprit du personnage de Ian Fleming, James Bond n’est pas un enfant de choeur qui serait mis en smoking plutôt qu’en aube blanche (tenue d’enfant de choeur, bande de mécréants).
Débarassé des outrances du genre de la saga Bond, notre homme est plus naturel et finalement attachant malgré et ou grâce à un coté teigneux assez réjouissant. Et j’aime beaucoup, mais alors vraiment beaucoup ce vingt et unième épisode. Le film est donc fidèle à l’esprit du romancier plus qu’à la lettre, il fait l’économie de la tétra chiée de gadgets habituels, pas d’outrances (majeures) dans les scènes d’action (pas toujours, au début notamment, ultra réalistes, mais c’est un film de genre), pas davantage de scènes qui compenseraient la faiblesse de l’histoire. Il ne s’agit donc pas d’un avatar de Mission impossible survitaminé, mais d’un retour aux sources.
Le montage du film n’a pas du être une partie de plaisir, il y a ça et là quelques longueurs, mais je crois que le metteur en scène prend date, Daniel Craig a signé pour deux épisodes encore et qu’il va y avoir une montée en puissance du personnage. Casino Royale n’étant que le coup d’envoi, la suite me semble prometteuse, maintenant que les présentations sont faites...
En résumé, le film est toujours ce cocktail de glamour et d’action que les spectateurs peuvent en attendre, mais il gagne en profondeur, en dureté et en charme. Si ce n’est pas un chef d’oeuvre, c’est un putain de bon film, qui remplit à la perfection le rôle du cinéma qui est de distraire et de faire oublier pendant deux heures et 18 minutes le reste du monde.
Vos commentaires
Film d’action, bien entendu mais James Bond, certainement pas. Mr Daniel Craig est à James Bond ce que Canada Dry est au whisky. Il a l’élégance d’un maçon polonais (avec tout le respect que je dois au maçon polonais capable d’un excellent travail à un tarif défiant la concurrence pourvu qu’il soit bien dirigé). Mr Craig en smoking, c’est le garçon de café dans la brasserie cossue à Prague. L’avantage c’est qu’à la différence de ses prédécesseurs à la classe et à l’élégance inhérentes il passe inaperçu et a tout à fait le look pour vous servir un bortsch bien gras dans cette même brasserie. Du coup il ne se fait pas repérer par les méchants ce qui dans le fond n’est pas si mal.
Non content de reprendre le rôle, Mr Craig à peine arrivé se fend de déclarations tonitruantes ; il n’aime pas les armes (dans ce cas pourquoi ne pas choisir les Télétubies pour montrer l’excellence de son jeu d’acteur), il compte bien donner une touche personnel au personnage. En effet, il souhaite une petite scène homosexuelle dans le prochain épisode... James Bond est mort depuis le départ de l’élégant Pierece Brosnan mais ce n’est pas si grave depuis que les romans de Robert Ludlum sont adaptés au cinéma (The Bourne Identity, Bourne Supremacy, Bourne Ultimatum)avec l’excellent Matt Damon, nous voilà pourvus d’un nouvel agent secret sobre et efficace avec de la gueule. Là effectivement, ça envoie le bois
Il fut une après midi très charmante où une carte de visite me fut donnée.
Me voici sur le journal inutile où je n’ai rien à dire, puisque c’est bien le sujet,
mais j’aimerais pouvoir dialoguer avec son auteur.
A défaut d’être la personne qui a donné cette carte je suis le co rédacteur des articles du site.
En bref et pour faire simple que puis je pour vous ?
Bonjour,
je ne commenterai pas l’article car je suis en accord avec ce qui a été écrit. Je rajouterai simplement qu’il était temps de découvrir un vrai James Bond avec un vrai regard d’acier et pas des yeux de truites comme ses deux prédécesseurs dans le rôle (j’ai d’ailleurs oublié jusqu’à leur nom). Enfin une vraie belle "gueule" et en plus, il n’a pas peur de se faire mal ni de se salir, lui !
Je souhaite plutôt répondre au commentaire du 5 décembre 2007.
Je ne sais pas exactement à quoi ressemble un maçon polonais, mais ça me donne envie de le découvrir. Daniel Craig en maillot ou en smoking, c’est le "style", c’est un mec. Laissez-nous rêver que le prince charmant existe. Je sais, c’est un film... mais un très "Bond" film d’action. Et n’oubliez pas que monsieur Craig, britannique au demeurant, est un vrai acteur qui a fait un passage plus qu’honorable sur les planches du théâtre, avant d’incarner le plus viril des personnages du grand écran.
Vivement le troisième opus !
Une inconditionnelle.