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Le Queutard, le Bouffon et le Président

et Paf, le chien !

vendredi 13 mars 2009, par Gayo

Cela pourrait faire l’objet d’une fable. Oui, un Esope ou un La Fontaine nous manque cruellement pour versifier sur cet épisode : les époques changent, les histoires restent les mêmes. "Selon que vous serez puissants ou misérables, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir."

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Petit récapitulatif des faits : Le Président du FMI, un français, nommé par notre Président à nous qu’on a et issu du parti de l’opposition (en fait, l’adversaire qu’il aurait eu beaucoup de mal à contrer, si les Socialistes n’avaient pas vus le Vierge en la personne de Ségolène) ; le Président du FMI, donc, Dominique Strauss-Kahn pour ne pas le citer, se tape une de ses collaboratrices. Tout ceci n’est pas d’une grande moralité, mais jusqu’ici, pas de quoi fouetter un chat (oui, je sais la proposition au féminin ne signifie pas exactement la même chose) : ce n’est pas le premier homme de pouvoir à succomber à ce petit travers. L’Histoire prolifère d’illustrations de ce petit défaut souvent lié au Pouvoir et qui touche d’ailleurs aussi bien les hommes que les femmes, ça y’est, stoppez les recherches, je l’ai trouvé le point d’égalité entre l’homme et la femme !...

Mais revenons à notre passionnant sujet, je disais donc, rien de très anormal, si ce n’est que l’incident se situant dans un contexte anglo-saxon, ce genre de débordement est assez mal vécu, d’autant plus que l’objet des assauts a le mauvais goût de s’en plaindre… A-t-on idée, vraiment ? L’anecdote est gentiment étouffée, et tout le monde retourne jouer aux cubes. Mais c’était sans compter qu’il existe une autre tradition française, celle du bouffon qui revient inlassablement, reprenant le conseil de Boileau (encore lui !) : « vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage », sur ces travers que les Grands de ce monde ne se lassent pas ne nous dévoiler faisant d’eux des hommes parfaitement quelconque…

Le plus drôle, le plus virulent et le plus récurent dans cet exercice fût Stéphane Guillon. Ce rappel incessant sur les capacités de l’organe qui marche mieux que son cerveau a passablement agacé DSK qui s’en est plaint. Plainte qui fut relayée par notre Président à nous qu’on a, en off dans un avion en revenant de son voyage au pays de sa moitié.

Plainte qui fit l’objet d’une chronique de Guillon (forcément).

Parallèlement, et dans le même avion, le Président à nous qu’on a, a aussi insinué qu’il pensait sérieusement changer le Patron de Radio France qui est le patron de Guillon. De là, à en conclure que cette dernière décision avait été accélérée par l’attitude du chroniqueur, il n’y avait qu’un pas à sauter qui a été volontiers franchi par tous les observateurs. Et de fait, il semblerait que la radio veuille prendre ses distances avec le caricaturiste depuis.

D’où la question à 2€, pour une fois pertinente, de Naulleau sur le plateau d’Yves Calvi le 2 mars dernier et qui a été elle aussi très justement posée dans nos pages : doit-on blâmer l’humoriste ou la personne qui est responsable d’un acte qui ne fait pas honneur à ses fonctions ?

C’est vrai, en voilà une question con… J’en ai une autre qui rejoint mon histoire de fable : quand le prince veut faire taire le bouffon, qu’est-ce que cela signifie exactement ?

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J’ai été tentée d’en faire une fable, oui, réellement, seule la peur de ne pas être à la hauteur des deux plus grand fabulistes de la Littérature m’a retenue. Alors je finirai par une citation du plus français des deux : « l’adversaire d’une vraie liberté est un désir excessif de sécurité. ». Oui, décidemment, les époques changent, mais l’Histoire reste la même !


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