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lundi 10 novembre 2008, par
Lors d’une de ces conversations entre potes que nous avons de temps à autres, le jeune Fouqs m’a fait remarquer que visiblement le Congo m’avait marqué. C’était un de ces euphémismes de classe mondiale que ce jeune et élégant bipède maîtrise à la perfection. le truc qu’il vous balance d’un air faussement léger. Je vais essayer d’expliquer pourquoi le Congo me tient à coeur.
Ces photos ont été prises il y a un peu plus d’un an. Dans un village qui depuis a du être pris et repris par les combattants du Nord-Kivu. C’est une patte de mouche sur une carte dans le Massisi et le village s’appelle Karuba. Nous y sommes arrivés par la piste le 1er novembre 2007.
Sur place les soldats des FARDC [1] de la 14°Brigade intégrée venaient s’installer. A deux vallées de là, les hommes de Laurent Nkunda, le principal chef rebelle.
Les habitants que nous avons croisé en chemin, faisaient à pied la route qui les ramenaient dans leur maison, leur village. Rentrer c’était essayer de retrouver leur vie. je ne peux pas dire normale, mais ce qui s’en rapproche le plus.
Le Congo que j’aime, ce sont ces visages, ces rencontres, ces quatre mots de swahili échangés un instant avec des inconnus. Ce sont les rires des enfants quand on leur montre la photo que l’on vient de prendre.
Une fois de plus ceux qui sont encore vivants sont devenus des "personnes déplacées internes". Jargon onusien qui se traduit par réfugiés. Et c’est encore un euphémisme...

Camp de réfugiés
Voilà de quoi il s’agit, de femmes, d’enfants et de paysans qui sont jetés sur les routes, parqués dans des camps sous des bâches en plastique. Des gens qui sont volés, violés, tués...
Quand il fallait convaincre les Congolais de faire des photos, je leur disais que ces photos je les montrerais. Voilà pourquoi elles sont sur ce site, voilà pourquoi il est impossible d’oublier.
[1] (Forces armées de la république démocratique du Congo)