vendredi 27 août 2010, par
Dieu sait que je n’ai pas envie de me lancer dans une diatribe contre Alain Minc. Non pas que l’homme me soit sympathique, non pas que ses idées m’intéressent, non pas que je souhaite lui accorder de mon temps ou de votre attention. Je n’aime pas Alain Minc, plus précisément je ne l’aime pas du tout, mais je ne lui veux pas de mal particulier. J’aimerais juste qu’il nous épargne ses points de vue sur trop de sujets, qu’il cesse de créer les polémiques. Qu’il nous fasse l’économie de ses fausses leçons de morale.
Alain Minc : « Ecoutez, si vous me permettez de faire un petit hold-up d’antenne, puisque vous êtes le premier micro qui passe à ma portée depuis la déclaration du pape de dimanche dernier... J’ai envie d’exploser un peu. Ce pape allemand ? Parler comme il a parlé, en français ? Son insensibilité, qu’on a mesurée quand il a réinstallé un évêque révisionniste, son insensibilité à l’histoire dont il est comme tous les allemands un héritier, non pas un coupable, mais un héritier, et qui emploie des mots comme il les a employés, même si en langage vaticanesque c’était un peu fort, le fait de parler en français. On peut discuter ce que l’on veut sur l’affaire des Roms, mais pas un pape allemand. »
Ne traînons pas, je n’ai pas choisi ce sujet, je l’ai dit. Je n’aime pas être pris à partie, je n’aime pas que l’on me dise qui écouter, qui lire, qui croire. Je n’aime pas cette « hostilité systématique ou irrationnelle à l’égard d’une ou plusieurs personnes, essentiellement motivée par leur nationalité, culture, genre, religion, idéologie, ou origine géographique1, elle peut aussi être définie comme une « hostilité à ce qui est étranger. » source
Parce que cette hostilité... porte un vilain nom. Xénophobie. Voilà, c’est tout.
Après, il y aurait bien matière à détailler tout ce que les propos de Minc ont de gratuit, de faux, d’injurieux. L’anathème est un genre rhétorique dans lequel les gourous communicants sarkosystes se complaisent. Si vous n’êtes pas d’accord alors vous êtes... Un héritier de la presse des années Trente, vos propos sont déclarés nauséabonds, vos questions sur l’honnêteté des dirigeants sont "ignobles"...
Dans ce bruit, on n’entend plus beaucoup parler des affaires Woerth et Bettencourt. C’est étonnant, non ? La communication inlassable des hommes du président s’applique à créer des conflits, à diviser, à se défausser de toute responsabilité sur les autres... Tous les autres, n’importe quel autre, on s’en fout.
Les Roms aujourd’hui, c’est bien. Un peu comme une chandelle au rugby, si ça ne gagne pas, ça dégage.
Et les gourous de la com se félicitent. Ah ça , les autres ils sont bien emmerdés...
Oui et non, il n’est que de relire Citadelle de Saint-Exupéry : "Les actes nobles se suscitent par des motifs nobles et les actes bas par des motifs bas". Et le propre des communicants élyséens est le sale de pas mal de gens. Je n’aime pas que l’on me prêche la haine des autres, que l’on désigne des voleurs de poule comme autant de criminels, que l’on se gargarise de coller par paquet de deux cents des femmes et des enfants dans des avions. Je n’aime pas que cela ne serve à rien, puisque poussés par la misère, ils reviendront. Je n’aime pas que l’on me dise qu’il s’agit d’autre chose que de la politique de la plus basse espèce.
Je n’aime pas que mon pays ait à subir des leçons de morale par d’autres. Je n’aime pas que l’on assassine Mozart enfant.
En attendant que Woerth démissionne, je le dis sans faire mon malpoli, Sarkozy... Non merci.
Je n’exclus pas de le dire après... Parce que je n’aime pas être pris pour un con.