vendredi 4 décembre 2009, par
et si je dois me réincarner, ce sera pas plus simple pour autant, mais je veux encore être une fille.
ouais
et à Paris, de préférence.
Ce matin, j’ai sauté dans ma toute nouvelle robe. Bleue. Canard. Celle que je cherche depuis, pffffff et que ma petite vendeuse d’en bas de chez moi à qui je m’ouvrais de mes vrais problèmes existentiels m’a trouvée, réservée (grâce lui soit rendue, on ne dira jamais assez à quel point les privilèges, c’est sympa), et sortie comme un trésor d’un sac de rien de derrière son comptoir, sous l’œil jaloux d’une acheteuse lambda (ça aussi c’est bon). Et j’avais qu’à l’essayer peinard chez moi, et si ça va, revenir dedans avec ma petite carte, bleue elle aussi, mais pas du même.
Bref, je ne pouvais pas enfiler autre chose ce matin, et les bottes qui vont avec, et aussi le collier, et aussi les fards à paupière, et aussi la ceinture. Test auprès de mes hommes « alors ? », alors ils zaiment beaucoup. Moi en fait, je vais virer la ceinture, et hop, tout le monde à l’école.
On traverse le fleuve en bus, on joue aux petites voitures volantes avec les tickets, je dis regardez la lumière dans son portail de la rue de Rivoli, et puis la Pyramide, et puis Notre Dame ajourée là-bas au fond, et de l’autre côté le Grand Palais qui baille encore…De la pure magie, la plus jolie façon de se faire souhaiter une belle journée, que des merveilles au soleil levant. Ils doivent en avoir marre de se faire écarquiller les yeux par leur mère, il va falloir qu’ils s’y fassent, c’est plus fort que moi.
Et le retour, seule, avec mon téléphone-radio, mes grandes pattes, et Paris. A boire, à savourer, à s’enivrer, à respirer plus grand, à presque regretter de ne pas habiter plus loin, parce qu’à gambader si haut, je ne sens plus le froid, je vois juste comme il épure les pierres.
Je saute dans une flaque d’eau, histoire de tester l’imperméabilité remise à niveau de mes bottes, manque de percuter un quelqu’un, rate presque l’entrée des Tuileries, et je crois bien que je dois avoir le sourire. En tout cas, je le mets sur tous les gens que je croise. Si, si, tout le monde me sourit, même les gamins, les filles, les femmes, et les petites vieilles. Sauf une, place Vendôme, un vilain petit canon très astiqué de terra cotta, m’en fout, elle est pas belle en vrai, ce matin, elle a pas de robe qui porte le joli nom de « happy ». Moi si. Et je me suis même fait caressée à la volée par les bleus d’un très très beau mec, alors qu’elle est même pas sexy, ma petite robe pull peut-être même plus de mon âge.
J’ai dix ans.
J’ai mille ans.
Je suis qu’une fille,
Avec une nouvelle robe.
:-) :-) :-) :-) :-) gare au ciel s’il pleut aujourd’hui.
Vos commentaires
La bande son de votre prose : http://tinyurl.com/4xr5jb
mais vous en avez de jolies références ;-) merci
Ouaou, ça donne la pêche ! Un petit bijou d’écriture. Paris me manquerait presque... ;o)
C’est vrai qu’elle est ravissante ta robe tricot....." de grand-mère" J’en connais une qui doit rigoler sous cape ;-)
:-) pas sous cape, emportée d’enthousiasme, elle s’est remise aux petits chaperons... j’ai été ravie de te retrouver.