Accueil du site > We love it

Génie du bordel efficace

mardi 8 mars 2011

Beyrouth

Claquement des talons, petit pas pressé de mini jupe, un « yanee » ou deux, bruit de moteur, lunettes de soleil, barbe de trois jours, muscles sculptés.

Beyrouth

Hamra, Baromètre, Gemayzé et Coton Candy, le Sporting. Poubelles, néons, talons, fric, lunettes, voitures, Porches (paraît que c’est pas des voitures), clubing. Sri Lankaises, vieux joueur de Backgammon, fumeur de Narguilé, femme d’expat mielleuses et plaintives, voile et rouge à lèvres. Chantier permanent, routes défoncées, tours de verre et impacts de balles, chars et soldats las, Fayrouz, affiches publicitaires géantes, merci ktir et yallah bye.

C’est une tornade, c’est tout ce qui pue, on en est sale rien qu’à regarder. Ça transpire le fric mafieux et l’injustice.

Et c’est fascinant. L’individu au front quotidien : travailler sans relâche, mais vivre aussi. Toute la nuit à danser et le matin, 8 heures, au boulot, frais et dispos. Comme s’il fallait profiter de tout.

Paradoxe du rapport individu - société. S’imposer en tant qu’individu dans cette société c’est dicter ses règles. Et Beyrouth se transforme en terrain de jeu. Pas de lois, un but : gagner.

Oui, c’est puant et malsain comme ambiance. Mais je peux le crier, faire un doigt d’honneur au premier qui me siffle, lancer des manifestations, écrire ce que je veux... C’est du capitalisme appliqué à la force de contrôle. Pas de monopole d’État cette fois !

Le Liban, c’est de la chance ... Et pas mal de patience. Accepter de s’en remettre à l’aléatoire, c’est choisir l’efficacité. Et le bordel qui marche, mieux que n’importe quelle tentative d’organisation. C’est comme une vague, on ne choisit pas l’événement en lui-même. Il suffit de le comprendre, connaître la direction et savoir s’en servir.

Le Liban, c’est mon pays de liberté. Ça l’est pour beaucoup de non-Libanais, qu’on soit Saoudiens ou Européens. Conduire à fond, fumer, boire, manger, danser, baiser, à en être malade tout dégueuler et repartir.

Vibrer avec la ville et se laisser porter par l’esthétique des extrêmes.


Vos commentaires

  • Le 9 mars 2011 à 17:57, par Nico

    Ana b7eb ktir Beyrouth. Tu as oublié de parler des manouchés, de l’hommous, des feux de circulation qui ne marchent pas (mais on s’en fout), les grands mariages dignes de Dallas, ila akhirihi...... des manifestantes pro-Hzb à seins siliconés (pas comme au Caire, crois-moi)
    Viens à Lille qu’on en parle, j’ai une pro de Beyrouth à la maison..... une vraie née à Jdeideh.

    Yalla bye

    N2oula.

  • Le 10 mars 2011 à 13:33, par CelineT

    Avec plaisir !
    La liste est effectivement infinie ! A la fois personnelle et tellement caractéristique de ce charmant petit pays .
    Ahleen li zaougi wou nahnou naltaka bakiran !

  • Le 10 mars 2011 à 19:57, par Nico

    Ahla w sahla habibi !
    Amène Djibrill avec toi ;-)

Répondre à cet article