vendredi 18 décembre 2009, par
Il y a les actrices qui endossent pour quelques écus des costumes et les personnages qui vont avec, qui briguent et parfois gagnent les honneurs saluant leurs performances, des femmes qui pour savoir mieux que d’autres en être une multitude sont aimées et reconnues. Des femmes qui peuvent tout s’offrir, ou presque, et ne s’en privent pas… Mais pour finir, le rôle de leur vie, et parfois elles vont jusqu’à tenter de l’acheter comme le reste, c’est celui de mère.
Mère : Centre de gravité d’un enfant. Quoi de plus riche, et de plus enrichissant, de plus varié, complet, anoblissant et périlleux, de plus orgueilleux ? Etre à soi toute seule la référence évidente, celle qui vous ouvre le monde. Etre leur puits de science, mais on va tout de même vérifier sur wikipedia, et elle en dit quoi ta maitresse ? Avoir toujours raison parce que j’ai dit. Etre maman chérie que j’aime et que j’adore énormément, et l’instant d’après privée de dessins, vouée aux gémonies comme la plus injuste des marâtres, et ouais, et c’est comme ça quand même, être la gentille, la méchante, le chef-ici-c’est-moi, la fée clochette, le dragon qui va sortir de ses gonds, celle qui a pensé aux glaces, merci, oh, merci, mais oublié d’apporter un goûter, celle qui ne vous souhaite que de jolis rêves, et aussi que vous soyer un peu plus sage demain (pas trop non plus, mais ça faut pas leurs dire trop souvent), celle qui dit ça suffit la Télévision, c’est pas bon pour les yeux, et qui fait un dîner chocolat-party avec eux sous la table. Etre tour à tour leur tout et son contraire, selon votre humeur ou celle de la météo, quel pied !
Ensuite, on devrait savoir ne pas abuser du pouvoir absolu et discrétionnaire dont la prunelle de nos yeux nous crédite. Malgré la facile tentation, ne pas virer au tyran qui chez moi par exemple, ne dort jamais que d’un œil, garder une vraie et bonne ligne de conduite, vouloir calmement des chambres rangées, des devoirs faits, des dents brossées, et aussi la langue. Les vouloir d’abord heureux, mais pas n’importe comment, alors on exige aussi des Bonjour Monsieur, Merci Madame, et on coupe pas la parole aux grandes personnes, et ça t’arrive d’envisager qu’il y ait un reste du monde ? et tu voudrais pas grandir tout d’un coup d’un seul ? et parle pas à tes chaussures, soulève ton coude, tiens ta cuillère correctement, et comment ça, elle te plait pas ma soupe ? ma super soupe choisie consciencieusement parmi tant d’autres du Monop’ ! … toute ces tentatives de perfection exemplaire, ça m’épuise, encore plus qu’eux. M’appelle pas Pénélope, moi, j’ai pas été livrée avec patience.
Vivement la retraite ! les vacances, de l’air, allez hop, tous en pension. Finalement, c’est crevant, les enfants.
Et c’est magique.
Parce vos infernaux petits monstres vous redonnent, sans même le savoir, les clés de la cour de récréation.
Et oui, quelle meilleure excuse que celle d’être (allez, une fois n’est pas coutume)une bonne mère indulgente et attendrie, pour s’offrir en douce le luxe allègre et infini d’être pour un instant, et même un peu plus c’est tellement bon, une gamine insouciante ? Regoûter aux joies immenses des petits riens, parce que, aujourd’hui, il neige, qu’il faut mettre des grosses bottes chaudes et imperméables, des gants et un bonnet. Le mien me fait ressembler à une schtroumffette à l’envers, et c’est moi qui l’ai tricoté, sans patron, pour mon bébé quand il avait 6 mois, jamais eu le sens de la mesure… j’y planque aisément mes oreilles et toutes mes rides, celle du lion soucieux et les autres creusées par le poids des années, de réflexions, de groumffs, de ça il faut pas que je le rate. Ne dépasse que mon gros nez rouge. Les trottoirs glissent. Dérapage décontrolé, rétablissement, ouille mon dos, tour de rein ? Encore souple ? On va dire entre les deux, on a eu chaud. Les enfants se marrent, une trottinette termine cul par-dessus tête, son cavalier ne rit plus du tout, il lui faut des bras, et comme il a vraiment eu très peur, un tic et un tac. Et on repart en tirant la langue, parce qu’on a très soif de flocons. Je suis sûre que c’est moi qui en ai attrapé le plus.
Vos commentaires
Terrific, une maman sur-mesure, à l’âme d’enfants... Délicieuse.
J’aime ta prose, et les références sont tellement justes, en plus !
Merci, grande nouvelle et bienveillante commentatrice. C’est pas loin d’être aussi adorable qu’un bouquet.
Quand est-ce qu’on te lit ailleurs qu’en bas de page ? Non, je ne pousse pas à la roue, mais tu semble avoir le clavier facile, alors je suggère, pourquoi pas ? :-)
Des roses de Noël, c’est mérité ?
Pour le reste, je me concentre à 185% sur l’humain, tout ce qui tourne autour de moi... et c’est ce qui me fait agir, me meut (je crois que c’est le terme).
Je ne me vois pas écrire des pages, je vis ce que je vis à fond !
ouais, "meuh-meuh"... c’est le terme...
y a aussi Sammmouais...qu’est qu’une jolie vache, à votre disposition pour rhabiller tout le monde :-)
Meuhhh, super, génial... Merci vous deux, vous êtes drôles comme tout !! Quand je pourrai, je vous ferai signe. Joyeuses fêtes !
Meuhh, meuhh, j’adore !! Vous êtes super drôles, les deux !! Enchantés !
O.K., message passé, mouais, vous êtes dans mes petits papiers...
Le sujet, c’était hey... il neige, vous aimez les batailles de boules de neige ??