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Il est vivant !

lundi 31 janvier 2011, par JB

Celui que tout le monde, moi la première, crut mort. Non pas le Christ, rien à voir, pas cette fois, pas encore. Mais bel et bien mon MacBook chéri, le dur le tatoué, celui qui veut rien qu’à pas être enterré. Il s’accroche le bougre.

Un bain de café - fortuitement - administré par sa pourtant si précautionneuse propriétaire ? Même pas mal.

Il sait toujours lire, écrire, compter aussi - utilité moindre, en raison d’une appétence toute modérée à tenir mes comptes à jour. Regarder, écouter, re-regarder et ré-écouter. A l’envi. Un film, ou plutôt le tout dernier épisode d’une énième série qualifiée de préférée. Mais si, celui diffusé il y a à peine quelques heures outre-Atlantique et qu’il me faut instamment quoiqu’illégalement télécharger. Une chanson, un artiste ou alors tout un album génial, qu’une âme charitable et si bien intentionnée a eu la bonté de me faire découvrir.

Un pan entier de ma mémoire. Pas forcément vive.

De la connaissance brute, au format Word.

Que de cours entassés et consciencieusement archivés. Jusqu’au jour où, dans un souci évident d’économie de place, je les bazarderai. Sans état d’âme. Y jetterai-je même un dernier coup d’œil avant de les translater vers la poubelle ? Des notes de cours en pagaille, à peine incomplètes, entre deux fous rires déplacés et trois messes basses inappropriées. Des oraux préparés sur les coups d’heures pas catholiques du matin. Combien de présentations PowerPoint, frénétiquement sauvegardées à différents stades de leur mise en forme. Des dissert’, des plans, des ébauches de plan, des chefs-d’œuvre rédigés collectivement. Cette manie des travaux de groupe, avec pugilat général à la clé. Des montagnes de documents, des recherches, pour un examen, un mémoire, un entretien. J’entasse, j’amoncelle, je trie et je classe. Avant de décréter que non, plus le temps pour ingurgiter tout cela. Ce qu’on va faire, c’est improviser. Sortons la flûte, c’est jour de requiem.

Et puis toutes ces photos.

Les vacances, les anniversaires, Noël et autres communions. Été, hiver, mer et montagne. Pourquoi se mettre dans un état pareil : on ne les a jamais tirées sur papier, encore moins regardées. A moins d’un coup de spleen caractérisé, ou alors c’est que votre screensaver fait défiler l’intégralité de votre iPhoto.

Quoiqu’il en soit je m’étais préparée à le remplacer, le bébé. Sans état d’âme. Forte d’une sauvegarde pas si ancestrale, et d’une toute récente tendance fataliste teintée de « Y a pas mort d’homme et puis quoi no stress ce n’est que du matériel ».

Une semaine nous avons vécu séparés. Lui à l’hôpital des ordinateurs, moi surfant sur l’excitation d’un futur nouveau jouet à étrenner. Tellement persuadée qu’il allait mourir, qu’il était déjà mort. Limite si je ne l’avais pas euthanasié avant l’heure.

Oui mais non.

En vérité je vous le dis, la bête est vivante. Pâques en avance. Hourra ! Alléluia ! Allah Akbar ! J’ai eu droit à tout. Réjouissons-nous, il est revenu parmi nous.

Paroxysme du sentiment mitigé.

Mon âme d’écureuil se frotte les mains, on remballe le budget Pomme.

Sauf que, juste pour savoir, c’est quoi mon cadeau à la place ?


Vos commentaires

  • Le 1er février 2011 à 10:56, par Gayo

    J’ai failli appeler mon premier iPhone Moïse. Mais non. Il s’est avéré ne pas être l’élu.

    Jésus pour un Sauveur de données revenu intact des eaux sombres caféïnées, ça pète la classe comme surnom pour un MacBook.

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