dimanche 11 juillet 2010, par
Décembre 1951. Paris, secteur soviétique. Un tueur en série menace l’équilibre de la guerre froide. Tel est le point de départ de la bande dessinée « Jour J » dont le principe est de développer une histoire sur une évolution potentiellement différente de ce qui s’est réellement passé.
Dans cet album, c’est une tempête sans précédent qui se lève en Manche à l’aube du 6 juin 1944 alors que les Alliés tentent de débarquer sur les plages normandes. En quelques heures, l’échec est total. La grande offensive contre le Reich allemand viendra de Provence seulement trois mois plus tard. Les Alliés s’enlisent ensuite devant Lyon qui devient un second Stalingrad, permettant à l’armée rouge de franchir l’Oder puis le Rhin pour finalement libérer Paris. A la capitulation nazie, la France est coupée en deux à la hauteur de la Seine et Paris devient ce que nous avons connu avec Berlin.
Le concept est original et bien servi par de solides références historiques qui donnent à l’histoire une crédibilité certaine. Sur cette base très séduisante, les scénaristes ont également construit une intrigue prenante dans laquelle interviennent des personnages réels dans un contexte particulier. Ainsi trouve-t-on dans le Paris de 1951 le camarade Béria, le docteur Petiot ou encore le général Curtis Lemay (voir le film Treize Jours avec Kevin Costner pour ceux qui ignorent qui est le général Lemay). Bref, ça se laisse lire avec plaisir. Côté graphisme, je n’y connais rien, mais je trouve ça réaliste sans être naïf ou torturé.
Pour conclure, bonne nouvelle : cette BD est le 2e album d’une série prévue de cinq. Le premier postule que les Soviétiques ont marché sur la Lune avant les Américains, les suivants que l’attentat de Dallas a eu lieu en 1973 et non en 1963, que l’Allemagne a gagné la première Guerre Mondiale ou encore que ce sont les anarchistes qui se sont emparés du pourvoir en Russie en 1917… Quelques bons moments de détente en perspective.
Pour les amateurs d’histoire et de fictions historiques, je vous recommande donc d’investir sans réserve !
Vos commentaires
Ca m’a échappé quand j’ai écrit l’article mais dans une préface aux "Réprouvés" d’Ernst von Salomon (publié pour la première fois en 1931), Michel Tournier postulaitbde ce qu’aurait pu être la France si elle avait été vaincue par l’Allemagne en 1918. Se serait-elle elle aussi tourné vers le fascisme après un guerre civile ? Nous verrons quelle est la réponse de la BD "jour J"...
Haaaaaa.....
L’uchronie...
Une façon de verbaliser ses fantasmes ???
By chance I do know u....