mardi 31 août 2010, par
Comment dire que l’on écrit pour s’approcher de la qualité des récits de Kessel. En 2010... Comment dire ça, à quelqu’un, sérieusement. Il y a une telle qualité dans ses reportages que l’on en reste un peu stupéfait, à chaque fois. A chaque fois, ça le fait, le même truc, on lit, enfin je lis, découvrant des mondes étranges, oubliés, disparus, extraordinaires, des personnages d’anthologie, hallucinés, des héros, des crapules, des trafiquants, des esclaves... Toute une humanité des années vingt aux années soixante, autant de récits, autant d’histoires, denses, personnelles très vite, trop personnelles pour pouvoir rester indifférent.
Des steppes russes aux feux de Broadway, de partout, Kessel est un drôle de voyageur, un peu comme un représentant, il glisse son pied dans les portes, s’insinue dans des vies, des lieux, des moments inaccessibles dont il force le passage, il trouve le chemin. Et ainsi, nous voici embarqués, passagers clandestins de ces aventures sans nombre, suivant le regard du journaliste, découvrant les spectacles qu’il nous rapporte.
Bas-fonds de Berlin, dans les pas de l’Unterwelt, côtes somalies sur les traces des caravanes d’esclaves, guerre d’Espagne, ses reportages sont autant d’albums photos, jaunis, sentant cet odeur d’étés trop nombreux passés au grenier. Le ton de ces reportages est naturel, il crée un lien immédiat entre le lecteur et l’écrivain.
Il est assez rare de pouvoir retrouver des grands reportages de cette qualité, qui vous invitent, depuis vos lieux de lecture, au voyage et à l’aventure. Vous voici donc embarqué en voyageur engagé aux côtés d’un exceptionnel témoin du 20ème siècle.

Petites et grande histoires confondues, vous trouverez quarante ans de reportages en six volumes, nécessaires et indispensables. Le tout dans cette remarquable collection Texto des éditions Tallandier.
Vos commentaires
J’ajoute la lecture des Cavaliers, sublime roman afghan qui s’avère très instructif pour ceux qui croient que l’Occident essaye d’imposer un gouvernement contre nature à ce pays ou qui pensent que les tribus afghanes ne peuvent vivre ensemble... A lire.