jeudi 1er juillet 2010, par
Depuis deux semaines, la rédaction du Jourtile a décidé de s’engager dans le soutien des missions de la Boudeuse, de son emblématique capitaine. Par delà les recherches scientifiques, les démonstrations d’utilité, il nous semble que la Boudeuse représente quelque chose de bien plus fin, de bien plus essentiel que quoique ce soit d’utile.
Fondamentalement, est-il indispensable de mener des recherches scientifiques à partir d’un vieux gréement, d’un trois mats fut-il mythique ? Je ne crois pas que l’essentiel soit là. Oh, ne vous méprenez pas sur mon propos, je ne viens pas battre en brèche les thèses avancées par les défenseurs de la mission, des missions scientifiques de la Boudeuse. Non, rien de tout cela, je viens juste vous parler d’autre chose.
Je viens vous parler des rêves d’enfants qui se croyaient aventuriers à 10 ans et qui le deviennent à 20, qui font de leur vie cette succession de défis, de paris un peu fous pour que nous puissions continuer de rêver à des terres lointaines, à des poussières d’îles perdues dans le Pacifique, au franchissement des Caps de Bonne espérance, du Horn... De touts ces espaces mythiques, ou s’écrivent des drames, des exploits, ou les hommes deviennent des Hommes dans la fureur et la tourmente des éléments.
Nous ne sommes pas tous des aventuriers, non. Une société ne peut comprendre qu’une part infime de ces personnages hors normes, de ces explorateurs, de ces conquérants de l’inutile. C’est pourtant de cette part infime dont-il est à mon sens question lorsque se pose la question de l’idée, de l’aventure de la Boudeuse. La magie de cette aventure, de ces expéditions est de rayonner sur ceux qui, même de loin s’y associent.
La part prise en soutenant la Boudeuse crée un lien entre ceux qui tous les jours, depuis des années se battent pour poursuivre cette aventure et ceux qui créent une lumière, un espoir en les soutenant. Toute la richesse du monde est dans ce genre de lien, ce qui nous lie nous fait grandir.
Et la question d’argent n’est plus qu’une question technique, médicale. une sorte de transfusion, il faut tant pour que vive la Boudeuse. Soutenir la Boudeuse c’est créer un lien entre vous et ceux qui font vivre ce rêve. C’est aussi, même de loin, prendre part à l’aventure, créer les conditions de cette liberté.
La liberté... Un grand mot, pas tant que ça... La liberté, telle que je la comprends est dans ces petits choix, ces petits engagements presqu’anonymes. Ne mésestimons pas la portée de nos actes, votre contribution, votre capacité de contribution vous semble symbolique ? C’est juste, c’est peut être symbolique, anecdotique... La différence entre rien et le symbole... est capitale.
Je ne connais pas Patrice Franceschi, ni lui, ni qui que ce soit de sa famille ou de ses amis. Depuis vingt ou trente ans, il court les océans et les mers du monde, il nous livre ça et là des parcelles d’aventure, des moments de rêve, des rencontres dont le récit rejaillit sur nous, parce qu’il s’adresse à cette part d’aventurier ou d’aventurière qui sommeille au fond de nous, cette petite part enfantine et rêveuse qui, silencieuse le plus souvent, ne vieillit jamais que lorsque une part de rêve disparait.
Vos commentaires
Tu parles d’or en vérité !..
En effet, tu as raison, il ne faut jamais oublier que les petits ruisseaux finissent toujours par faire de grandes rivières !!!..
J’ai une question qui me trotte dans la tête à propos du financement de ’La Boudeuse’.
Si La Boudeuse changeait de statut et devenait un fonds de dotation comme Tara a été envoyé faire l’expédition ’Tara Oceans’, le trois-mâts cherche un bon mécène, serait habilité à recevoir des dons, des legs et pourrait reprendre ses recherches scientifiques... Pourrait-elle continuer ?
Cela prend du temps, et j’appuie l’idée de rendre possible ces projets qui ont des finalités humaines extraordinaires - où les hommes vivent l’aventure des glaces qui recouvrent les océans, là où apparaissent les ours à la recherche de nourriture - artistiques, scientifiques, ... Nous avons besoin de sonder, d’étudier, de former nos expériences sur du réel, de partir en investigation.
Notre visite sur le Tara nous a fait bien rêver ! La Boudeuse serait-elle vouée à rester échouer sur un banc de sable au lieu de naviguer comme Tara ? Espérons que non.