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Philippe Muray

Nous manque...

lundi 19 avril 2010, par GB

La présentation de l’écrivain se fait en une phrase, "Un anarchiste de droite"... Ce qui ne veut rien dire ou trop dire, anarchiste je vois bien, de droite aussi et sans vouloir faire le malin, un anar c’est un peu toujours de droite, sinon c’est un type qui fait partie du mouvement anar... Faire partie et anarchiste ? Y a pas contradiction, là ?

Donc Anar de droite, j’ai beau chercher, je n’y vois qu’une évidence. Un jour, les livres de Philipe Muray seront interdits surement ou oubliés peut être. Je ne peux même pas dire d’ou vient l’exemplaire que j’ai trouvé. Nous vivons une époque formidable, n’est ce pas, il est pour le bien commun à peu près interdit de tout faire ou de ne rien faire, ce n’est qu’une affaire de niveau, de stade...

C’est une petite librairie perdue au fond du sixième arrondissement, le vieux libraire malicieux y fume froidemement sa clope derrière une vitrine qui n’affiche que des couvertures de bouquins anciens, rien ne laisse soupçonner la richesse de ses rayonnages. Des librairies comme celle-ci, il y en a des centaines à Paris, elles cachent évidemment des trésors et l’on hésite le plus souvent à en franchir le seuil.

Je ne sais pas à quoi ça tient, le doute, la petite question qui fait que l’on se demande si l’on va être à sa place... Mais on s’en fout, enfin je m’en fous, dans une société qui préfère l’aseptisation au caractère... Même les librairies sont devenues politiquement chiantes. Trouver un polar d’ADG, un bouquin de Marc Edouard Nabe, un essai de Philippe Muray relève soit de l’erreur de classement, soit du hasard.

Donc me voici dans le quartier latin chez un de ces originaux que la loi Evin emmerde et à laquelle il réserve le même traitement. Notre bonhomme se fout évidemment de perdre son temps à respecter des lois qui se mêlent beaucoup de sa liberté à lui, le vieux libraire qui sait bien qu’il ne finira pas centenaire, mais qui le sachant s’en fout aussi.

Au nom de Muray, l’oeil s’allume, "Ah...Muray... très bien Muray" Le bonhomme à l’air ravi et un peu polisson, il me retrouve le coin de Muray, avant que j’ai pu me pencher, il extrait un tout petit volume, ros et noir qui porte en couverture le titre "le sourire à visage humain."

C’est tout petit ce livre, une vingtaine de pages, trois essais serrés, acérés, trois euros... Rien du tout, une étincelle de lucidité, la lucidité ce truc qui rend libre... dans un désert... Et il y a dans ces vingt et quelques pages, une intelligence, un humour (noir) et un souffle de liberté merveilleux. Trois euros, si vous n’aimez pas, vous ne vous serez pas endetté ni privé de quoi que ce soit. En revanche, si cela vous plaisait, ça ne serait pas loin d’être l’investissement de l’année.

Faute de place disponible, je n’ai pas pu voir Fabrice Lucchini lisant Phillipe Muray, ce sera pour la semaine prochaine, si vous habitez dans le dix huitième, ça se donne au charmant théâtre de l’atelier...

Comme vous l’aurez compris, si ça semble fini, ce n’est qu’une apparence, la suite, bientôt...


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