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Pointure Magazine

vendredi 16 octobre 2009, par GB

Il doit y en avoir des choses plus inutiles encore. C’est évident, il y en a toujours. Mais j’ai découvert une revue, une splendeur de revue par hasard. Une discussion presque anodine, une visite de courtoisie à un ami et hop, nous voila embarqués dans une causerie sur les chaussures et…

Il existe une revue, un guide, une presque bible sur le sujet. "Pointure" que ça s’appelle et c’est LE guide de la chaussure automne hiver 2009-2010. Ceux que ne font pas rêver Aubercy, Lobb, Weston, Church, Corckett & Jones, Berlutti, Altan et tant d’autres n’ont pas eu ce numéro de la revue en mains. On doit pouvoir vivre avec une collection de baskets et une ou deux paires de Batta, de chaussures André ou que sais-je… C’est sur, mais tout comme en horlogerie, en parfumerie, en cuisine en vins… il existe des merveilles, "Pointure" est un magazine de rêve pour hommes, peuplé non pas de créatures, mais de chaussures. Escarpins, Loafers, Richelieu, Derbys, Boots, Joodphurs… la liste des modèles vire vite à litanie. Au cantique ? Au chant d’amour pour quelques centaines de grammes de peau travaillés, découpés, ciselés qui vous font une tenue, une personnalité, une classe nonchalante, une sublime silhouette qui vous habille le pied, vous présentent au monde, vous donnent du goût. Mais bon… C’est un monde, une culture, un métier d’esthètes, d’artisans géniaux, c’est de la poésie. T’en veux du lux et de la volupté ? là, homme mon frère, camarade qui peut s’offrir le luxe, car c’en est un, d’une paire d’Emling à lacets rouges, je t’en promets ce bonheur léger et grave des chaussures certes indispensables parce qu’accessoires, dont on sait qu’elles ne vivront que pour autant qu’on les soignent, les entretiennent, les cirent et les chaussent d’embauchoirs après les avoir portées.

La règle exigeante en l’occurrence étant d’en détenir trois jolies paires pour ne jamais porter deux jours de suite les mêmes chaussure et de les laisser reposer deux jours. J’ai presque mauvaise conscience de faire cet éloge des chaussures...

Mais au fait... Si on y réfléchissait un tantinet...

Il faut acheter des chaussure… C’est entendu… Pourquoi diable alors les payer cher ? S’il ne s’agit pas forcément de fortunes à investir,il va quand même être question de dépenser plus de deux cents euros dans une paire de pompes… Mais là ce ne sont pas de pompes dont-il s’agit. Il s’agit d’investissement aussi, ce serait presque raisonnable.

Provoc ! Pas sur… Eco responsable surement.

Je n’ai pas jeté une paire de chaussures depuis 1993, et je n’en ai pas acheté entre 2003 et 2008. Je vous propose le calcul suivant, 4 paires de chaussures, 4 paires d’embauchoirs pour un investissement de 1200 euros, auquel on peut ajouter quelques passages chez le cordonnier à trente euros le passage tous les trois ans. Sur quinze ans, ça nous fait du 1200 plus 600, soit 1800 si je ne m’abuse.

Et le tout divisé par quinze=120 euros par an. Il y a des moments comme ça ou je me demande si ce n’est pas l’élégance qui sauvera le monde….

Le prix du rêve… 6 euros dans une vraie bonne maison de la presse.


Vos commentaires

  • Le 16 octobre 2009 à 09:53, par ?

    Quand la logique et le développement durable rejoignent l’agréable et l’élégance, tout est permis...

    CQFD

    Bravo.

  • Le 16 octobre 2009 à 10:07, par Isabelle

    Excellent article ! Bravo

  • Le 16 octobre 2009 à 10:47, par AlyeTTe

    quand on sait que tout femme bien élevée se souvient régulièrement qu’on ne regarde pas les passants dans les yeux et qu’elle baisse donc les siens en vitesse pour rebondir sur les souliers, et se dire si s’en sont, waouh, quelles beautés, voilà donc un homme de goût... halte aux méphistos. l’autre option défendable, dans un genre disons plus samesque, c’est la basket série limitée, et on pardonne aussi les bateaux qu’ont mangé trop de sel, quoique, pas toujours.
    et donc les hommes sont des veinards, parce qu’il n’y a que pour leurs pieds qu’on déploie autant de petites mains attentionnées, respectant leurs morphologies sans céder un pouce d’élégance. Les filles, elles ont le droit d’être plus ou moins mise en valeur par des créations éphémères plus ou moins originales, bientôt démodées et jamais comfortables...alors que les mecs bien chaussés, ils ont jamais d’ampoules. oui, je me plains.

  • Le 16 octobre 2009 à 12:00, par Emmanuel

    Calcul économique intéressant pour quelqu’un qui a passé le plus clair de ses journées dans des brodequins à jambières attenantes.
    Je vais néanmoins faire un détour par mon point presse le plus proche.

  • Le 16 octobre 2009 à 12:24, par Gayo

    Attends, il arrive aussi à Sam de faire autre chose que l’apologie de baskets aux lacets dépareillés...

    http://www.lejournalinutile.com/suc...

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