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jeudi 9 avril 2009, par
Je comprends bien ce qu’une épopée de nuit au Harry’s bar peut avoir, avec la force de la répétition, de soulant. C’est clair le Harry’s c’est soulant, indispensable aussi, car parfois j’ai au petit matin non seulement la tête dans un étau, mais aussi une pensée pour ceux qui sont loin de chez eux. Y a pas à chier, c’est beau Michel Berger. J’en connais un, un de ces lecteurs-rédacteurs du Journal inutile, qui traine ses guêtres au Liban. "C’est pas banal, ça le Liban", qui sera certainement bon public pour ce genre presque convenu d’épopée de buveur d’eau pétillante dans du whisky, autre problème bien connu le whisky, n’est ce pas m’sieur Fernand.
U2 a commis un nouvel album, résolu à faire du neuf avec du trop vieux et Bono nous ressort sa voix un poil nasillarde de ses débuts, c’est extrêmement désagréable d’être outrageusement pris pour un con et d’user d’adverbes parait-il, mais je crois que je m’en fous alors que quand U2 mélange ses dernières créations aux accents de sunday bloody sunday, aussi.
L’impécuniosité des riches fait peur, ce besoin de vendre encore et encore, c’est que le début d’accord, d’accord, merci Francis. J’en étais à ce point de mes réflexions en écoutant sans doute trop fort, Oui fm dans ma voiture en fuyant les argousins que le gouvernement essaime dans la nuit. C’était assez curieux, après la dernière pauvre création de nos amis irlandais, les animateurs nous ont balancé, AC/DC. Pas ou peu de surprise non plus, cet inusable tempo binaire de batterie, la voix éraillée du chanteur, les riffs saturés et immuables d’Angus Young à la guitare, comme d’habitude, on a le sentiment d’écouter le même morceau, mais c’est curieusement euphorisant.
Bon, un instant, un instant seulement je me suis vu revenu dans les années quatre-vingt, la programmation musicale correspondait, ben vui quand même, U2 et AC/DC ça fait tellement longtemps qu’ils font de la musique de jeunes, que comme nous ça vieillit.
Alors que le Harry’s non. J’étais allé auparavant fortifier mon âme et l’amitié franco-allemande chez un camarade (il écrirait ça avec un K, ce qui n’est pas sans rapport avec sa germanité pratiquante, mais comme c’est curieux à au K de Kultur, je préfère notre orthographe aussi). Le sehr geherter Kapitaine de Korvette P. mon Kamarade m’avait invité à ressourcer notre amitié dans des futs de bière accompagnées de saucisses, sur les hauteurs de Saint-Cloud, du coté de chez super loin de chez moi pour une petite soirée... Nous étions une petite douzaine confronté à ce buffet formidable. Et très clairement ça commençait bien, comme il ne faut pas vexer, nous fîmes ce nous pouvions faire en la circonstance, nous bûmes et nous nous baffrâmes. Sinon c’est pas poli, et on ne va recommencer à avoir des motifs de fâcherie avec nos voisins d’outre-rhin. Escagassé l’alllemand est vite envahissant, chez ces gens là, il n’y a pas que l’enthousiasme qui déborde, les panzers et l’infanterie aussi.
Nous fîmes donc un rempart de nos corps et de nos foies à la France. Le problème, c’est que je suis sorti de là d’humeur guillerette, joueuse pour ainsi dire. Une envie de culbuter l’adversaire de rencontre m’avait saisi, mais si c’est pour la patrie, nul ne m’en fera, je l’espère, l’inique et injuste procès. Dans mon cerveau embrumé, les lettres de feu qui forment le mot Harry’s apparurent.
Ne faisant ni une, ni deux, ni trois d’ailleurs, je dirigeais mon destin vers cette bonne maison de la rue Daunou. J’étais d’humeur à recoller le lien transatlantique à moi tout seul ou plus exactement en la compagnie que j’aurais trouvé sur place.
Las, la place était vide ou quasiment. Maurice courageux petit soldat rayonnait de ses atouts, je me fis servir on talisker perrier coutumier, je lorgnais à peine alentours, le jour de gloire s’était défilé et pour les ambitions conquérantes, comme pour la cigarette, il me fallut me coller tout ça derrière l’oreille.
La Naude, mon bon. Je te livre ce consternant récit, pour te dire que loin de la plaine de la Bekaa, le soir tombé les nuits parfois avinées, sont longues tout de même. Pour conclure et reboucler sur le titre de cet sorte d’article, n’achetez pas le dernier album d’U2, je vous le dis c’est du foutage de gueule et reprenons tous en coeur l’hymne de patrick Juvet "Où sont les femmes", oui mon Dieu c’est aussi à vous que je m’adresse, vous connaissez ma quête, mais où étaient hier soir vos créatures ? Grâce vous en soit rendue, je ne doute pas que vous les réserviez au passage prochain de jeune poète Naudin sous les cieux gris et bas et pour lui lointains de Paris.
Vos commentaires
Mon cher Gaby,
j’en ai les larmes aux yeux de revivre avec toi cette soirée qui finit au Harry’s.
Tu as eu bien fait de ne pas m’attendre pour licher un coup à la santé des teutons.
Cela dit, t’es pas fairplay et tu sais que j’ai un coeur d’artichaud, une cervelle de poisson rouge et un foie en kevlar.... Le temps de ton article, j’ai tutoyé les anges.... Ah !! Salaud, je vais te le faire mon prochain article sur ce pays si sympathique malgré des schtroumphfs excités et autres lanceurs de roquettes. Mais comme je suis pas comme tout le monde, tu me permettras de prendre un angle, disons, intéressant.
PS : entre le 19 mai et le 2 juin, j’invite tous les soudards à venir remonter le Mekong avec moi Rue Daunou. Bon gout interdit.
Euh entre le 19 mai et le 2 juin tous les soirs ?
Même avec un foie en kevlar je crains que ce régime ne t’amène à tutoyer les anges ad vitam. Enfin vitam justement plus trop.
Mais je suis ton homme pour un soir ou deux, je viens avec ma bouée canard histoire de ne pas me noyer dans les méandres boueux du mékong on sera en pleine mousson.
Pour m’exprimer sur nos gentils bardes dublinois j’utiliserai une phrase de l’homme du loir et cher qui marchait dans la boue,
"Mais j’entends quand même des choses que j’aime
Et ça distrait ma vie."
Ben U2, a contrario, cela fait longtemps que ça ne me distrait plus.