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mardi 7 avril 2009, par
Et oui, état-civil = Alain Fournier... Pas facile dans ces conditions d’écrire sous son nom des polars. Alors ADG. Voilà, c’est pas compliqué ça. Enfin je le croyais jusqu’à avoir cette conversation avec un de mes neveux qui passe son bac de français et qui m’a renvoyé un bêlant "Pourquoa...". Oui, bon il ne connaît pas l’auteur de "Le grand Meaulnes", ça m’a semblé embêtant. Quand même, merde, le grand Meaulnes, c’est connu, non ?
Ah, j’peux plus, moi... Expliques lui... En même temps à deux mois du bac de français, ça pue un peu la défaite cette affaire. Bon avant de sombrer dans de l’anti-jeunisme primaire pour lequel je dois avoir un léger tropisme, désolé les boutonneux mais je ne me sens pas obligé de vous "kiffer grave".
ADG est une sorte de soleil noir de ma bibliothèque de polars, il faut bien avouer que je cède volontiers à la tentation de sourire connement quand je lis whisky écrit ouiskie, cocktail écrit coquetèle, c’est con, mais ça sent la résistance, le fusil dans le grenier pour les allemands et la résistance franchouillarde qui gueule "non mais vont-y pas arrêter de nous faire chier ces cons là ?"
C’est idiot, ça embaume le rillette cornichon, le kil de rouge, mais putain que c’est bon. Réac un peu, enfin si quand même, le père ADG s’est fendu de ses oeuvres sur deux théâtres principaux, la Touraine et la Nouvelle-Calédonie. Deux coins de France, bien différents, aimés du même amour comme on aime les brunes et les blondes sans distinction, enfin je ne veux pas dire vulgaires, mais vous m’aviez compris.
Un bon polar ça commence dès le titre, forcément, il y a de la concurrence, alors faut accrocher le regard, je vous donne quelques exemples : "Notre frère qui êtes odieux", "On n’est pas des chiens", "La marche truque"... C’est un plaisir gamin bien sur, mais pour ceux qui ont un doute, c’est ça qui est bon. Entre autres personnages Serguië Djerbitskine, dit Machin, forcément et son pote branleur à souhait Maître Delcroix, amateurs de femmes et de pinard... Des bons mecs, je vous dis, pas franchement progressistes façon la lutte finale qui fera le genre humain, c’est pas dommage.
Ben oui, pour tout dire, ma dernière confrontation avec ces zozos qui veulent le bonheur du genre humain date de ce week-end et leurs piteux exploits (incendies d’hôtels, pillage de pharmacie, de stations services et caillassage de flics...) ne m’ont pas convaincu de rejoindre les rangs du NPA du facteur de Neuilly ou un quelconque groupuscule trotskiste ou anarchiste.
Oh, Machin ou le ténor du barreau tourangeau ne sont pas des anges bien sur, mais je préfère leurs aventures, leurs embrouilles avinées parfois aux lendemains de la lutte finale et son lot de ruines fumantes. (David quand tu liras ça, j’en conviens je suis rancunier, mais quand même, ils z’ont rien fait qu’à m’emmerder...)
Pour vous donner la température, une quatrième de couverture vite fait, celle des trois badours : "C’est nous les trois Badours, les merveilleux clowns qui apportont la joie dans les kermesses pour débiles, les congrès de sous-officiers et les goûters pour gâteux des hospices. Un jour notre petite troupe s’est enrichie d’une nouvelle recrue : un nain de poche, peu causant vu qu’il était tout à fait refroidi. Un beau cadeau dont on a eu un mal fou à se débarrasser. Mais on a de la ressource et des gagdgets en pagaille : la baignoire à la vinaigrette, la lessiveuse de nouilles tristes et le corbillard qui n’avance que sur recette."
C’est une sorte d’enchantement qui rappelle Alphonse Boudard ou Audiard s’il avait écrit des polars, c’est plus digeste que du San Antonio, parfois grave aussi ou tragique sur un ton léger, c’est du lourd dans le polar français. Pour ceux qui chercheraient à classer ADG politiquement, c’est possible il était de droite comme Frédéric Fajardie était de gauche. Les deux font bon voisinage sinon dans la vie tout au moins dans ma bibliothèque et devraient s’accommoder de la votre.
Vos commentaires
On fait son malin par rapport à son neveu qui visiblement ne s’est pas trop appesanti sur le lagarde et michard XXe mais "le grand meaulnes" c’est mieux avec dezeu dans son nom à lui.
C’est vrai qu’ADG, c’est bien. Pour ton neveu, le fait de ne pas connaitre Alain Fournier ne va peut-etre pas le releguer sine die au rang de souz notoire..... En revanche, je lui souhaite de bien potasser Mac Callan, Lagavullin, Cardhu et autres bons auteurs de véritables chefs d’oeuvre.
Parce que, ça aussi, c’est utile dans la vie. Et ADG l’a bien montré.