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Collision

jeudi 18 décembre 2008, par Stan

Voilà un film dont on dit le plus grand bien, encensé par les critiques, Grand Prix au festival de Deauville), forcément, ça parle de racisme. Autant dire que j’y suis allé avec une légère appréhension, tant me gonfle l’idée de me faire donner des leçons de morale et de bien-pensance au cinéma.

Evidemment, « s’il ya une chose que je déteste encore plus que les arabes c’est bien le racisme » (Coluche, je crois), mais je ne suis pas fana du tout du prêt-à-penser et du politiquement correct. Mais bon, un film réalisé par Paul Haggis, scénariste de « Million dollar Baby », c’est tout de même un bon point.

Le pitch ? tranches de vies de personnages, blancs et noirs, riches et pauvres, flics et voyous, qui se croisent, se télescopent dans un Los Angeles qui ressemble de près à une cité de la peur, l’appréhension en plus, les Nuls en moins.

Passé les 5 premières minutes un peu crispées, donc… je me suis totalement laisser porter par le film. « Collision » est très, très bien tourné, avec une vraie recherche esthétique jamais tapageuse, juste ce qu’il faut pour bien soutenir le propos, un montage précis, jamais brouillon, exercice oh combien difficile dans ce type de film. Et puis une B.O. de qualité exceptionnelle, avec les Stéréophonics, Randy Coleman, Billy Idol, Civilization…) qui soutient parfaitement l’ambiance du film et les univers des différents protagonistes.

C’est aussi et surtout très bien joué, avec une pléiade de bons acteurs (Sandra Bullock, Matt Dillon, Don Cheadle, Ryan Phillippe, Brendan Fraser…), qui donnent de l’épaisseur, de la sensibilité, de la justesse et surtout de la finesse à leurs personnages. Car là est bien la force du film : on échappe presque complètement au manichéisme grossier, chaque personnage est complexe, attachant… Paul Haggis ne les juge pas, il les expose avec leurs zones d’ombres et de lumière.

Un seul exemple : une voiture de patrouille avec deux flics, l’un est ouvertement raciste et passablement odieux. Son jeune collègue est idéaliste et généreux. Quand on apprend que le père du premier avait monté (à une époque ou tout cela n’était pas à la mode) une boîte de nettoyage n’employant que des noirs, dans des conditions exemplaires et qu’il est poussé à la ruine par les lois de « discrimination positive », qui favorise les entreprise dirigées par des noirs, on comprend mieux sa rancœur, à défaut de l’excuser. Et entre le gros con et son jeune collègue « bon gars », n’est finalement pas le héros ou le « salaud » celui qu’on croit.

« Collision » est fait de cela, de la remise en cause des stéréotypes, de l’observation sans prisme de la réalité de la vie. D’une réalité américaine dont l’élément central est bien plus la peur, la peur généralisée de l’autre que le racisme comme idéologie. Un point de vue à rapprocher de celui de Michael Moore dans « Bowling For Colombine », qui fait de la peur le principal moteur de le violence aux USA.

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