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Quand la queue remue le chien

mardi 6 janvier 2009, par JG

Des films qui ridiculisent les moeurs de Washington et des présidents, il en existe plusieurs. Parmi eux Des Hommes d’influence a en plus l’agrément de s’en prendre aux manipulations médiatiques et à la crédulité du public.

Ne nous trompons pas, cette œuvre ne remonte pas à l’affreuse époque Bush qui a mis le monde à feu et à sang, mais à la douce ère de paix et de calmitude des présidences Clinton, ces belles années qui ont commencé avec la Chute du faucon noir (pas le film) et qui ont fini avec la libération du Kosovo à coups de bombes sur Belgrade. Remarquons au passage que le bombardement de Belgrade est obligatoire pour toute croisade pour la culture et la civilisation qui se respecte.

Pour en revenir à nos moutons ou à nos chiens (Wag the dog, titre original), le point de départ est assez simple. A quinze jours des élections le Président est pris la main dans le sac ou plutôt la Guidouille sous le bureau. Ses conseillers font tout pour le sortir de ce mauvais pas et appellent à l’aide un expert en communication (Robert de Niro), parce que l’attachée de presse officielle est une cruche.

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Le chat est un paquet de chips

« Le chat est un paquet de chips »

Pour camoufler les déjections du président, que faut-il ? Une bonne crise internationale, une vraie où on se demande si le président va engager le bombardier B3 !
- Le bombardier B3, mais il n’y a pas de bombardier B3.
- C’est bien ce que je vous dis, le président ne compte pas engager le bombardier B3.

Pour une bonne crise fictive, il ne faut pas uniquement une arme secrète qui n’existe pas, il faut aussi un ennemi et une bonne production. Ce dernier point est vite réglé en faisant appel à un producteur génial et névrosé d’Hollywood (Dustin Hofman). Pour l’ennemi, un peu de culture générale suffit, pourquoi pas les Albanais ? Vous connaissez les Albanais ?
- Ils n’ont rien fait contre les Etats-Unis !
- Oui, mais qu’est-ce qu’ils ont fait pour eux depuis 60 ans, vous savez où c’est l’Albanie et puis on les connaît pas, ce sont des gens sournois, ils n’ont rien fait pour nous, je le répète.

Va pour les Albanais, mais il faut quand même faire pleurer la ménagère de moins de 50 ans. Une jolie image de réfugié, rien de mieux. Il faut avouer que la figurante qui courait en pleurant devant un écran vert avec un paquet de chips dans les bras, elle avait vraiment l’air effrayée depuis que Robert de Niro lui a expliqué que si elle mettait cette prestation dans son CV, elle risquait un accident bête et définitif.

Tout irait pour le mieux, si à la moitié du film le FBI et la CIA (pour une fois gentils) ne faisaient énergiquement remarquer que la situation en Albanie est parfaitement calme et n’obligeaient à arrêter les frais. Gênant puisqu’on est à la moitié du film et à 5 jours des élections. Alors que faut-il pour sauver une situation désespérée ? Un héros tout simplement. Un bon petit gars bien américain qui connaît le morse et est rusé au point d’envoyer un SOS à sa maman en déchirant son beau pull en laine. Et quand le président appelle au sursaut national avec un discours spécialement testé avec les glandes lacrymales des secrétaires de la Maison Blanche. Le salut ne peut manquer d’arriver.

Avec une bonne opération marketing, ça passe sans problème. Le dernier rebondissement est un peu moins bien amené, mais le héros psychopathe finit quand même par se faire buter par un brave péquenot du coin, qui refuse qu’on viole son obèse de fille.

Sur cette trame, un bon nombre de piques contre les journalistes et le marketing. La bande son est bien aussi, avec les vieux tubes country écrits spécialement pour l’occasion (le film et le héros prisonnier). C’est finalement le genre de film après lequel vous ne regardez plus le journal télé et la photo d’Ingrid Bétancourt sur la mairie de Paris de la même manière.

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