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La bonne année

Happy New Year

samedi 1er janvier 2011, par JB

Parce que c’est plutôt dans l’air du temps.

Parce qu’on ne peut pas cracher sur toutes les traditions.

Enfin théoriquement si, mais quand même.

Donc aujourd’hui, en ce solennel premier jour de 2011, La bonne année, mais le film.

Claude Lelouch, 1973.

Lino le Grand, un pur, un dur, un tatoué (?), un vrai bon mec comme on dit par ici.

Charles Gérard, magique, à mourir de rire.

Et Françoise Fabian, parfaite, sublime, divine. La classe, juste la classe.

En noir et blanc, ou en couleurs, ça dépend des moments.

Et des guests de haut vol :
Elie Chouraqui, jeune, très jeune assistant de Lelouch ;
Michou, dans son élément, chez lui ;
Et Mireille Mathieu posée là, toute cruchette avec sa coupe intemporelle, et qui apparaît à la perfection. Et nous gratifie d’une bande originale de toute beauté. Un truc mythique. Des paroles, profondément... poétiques. Une mélodie... douloureuse. Un tube à jamais.

Je vous laisse apprécier...

La bonne année, elle vient après Noël
C’est un cadeau du ciel, en hiver
La bonne année, c’est l’année qui finit
Et s’endort à minuit, en hiver

La bonne année, je la vois dans tes yeux
Ne dis rien on est bien, tous les deux
La bonne année, c’est de pouvoir rêver
Que tout peut arriver, cette année

La bonne année, c’est le sourire d’un homme
Qui dit la vérité comme un homme
La bonne année, elle vient après Noël
C’est un cadeau du ciel, en hiver

Deux intrigues s’entremêlent, jusque là rien que de très attendu. Lino/Simon et Charles/Charlot, deux malfrats copains comme cochons, un peu losers sur les bords, préparent donc « le premier hold-up psychologique de l’histoire du banditisme ». Sauf que le gangster notoire tombe amoureux, et pas qu’un peu.

Cannes, joli port de pêche. Une cible toute trouvée, l’objet de toutes les attentions : la bijouterie Van Cleef & Arpels. Un truc de haut vol se prépare. Avec un scénario à base de Lino grimé en vieillard ridiculement richissime, et des repérages à n’en plus finir. Ça chronomètre sévère. Mais Lino est distrait, par la boutique qui jouxte Van Cleef, et surtout par la propriétaire de ladite boutique, l’envoûtante Françoise Fabian. Antiquaire de son état, et disons, plutôt libérée dans sa tête et sa vie intime. Un cerveau de mec dans le corps d’une femme, suprêmement élégante et qui se dit cultivée.

Des dialogues géniaux. Quelques répliques qui font mouche. Dont celle-là, ma préférée, pour le moment. Certainement parce que je n’ai encore vu le film qu’une seule fois.

T’es con et t’es méfiant ! T’es con, parce que t’es con ! Et t’es méfiant parce que tu m’crois pas quand j’te dis qu’t’es con !

Et puis on se souvient que le placement de produit, ça ne date pas d’hier. Un tournage en grande partie financé grâce à la publicité faite à Van Cleef & Arpels, incontournable dans l’histoire et cité à peu près un demi-milliard de fois. Sans compter les prises de vue de la vitrine, et les gros plans sur les colliers et autres bracelets diamantés. Heureusement qu’il y a Lino, sinon ça en deviendrait presque le personnage principal. Et puis Lino, il sait vivre alors quand il sort de prison, sa première visite, c’est à Hédiard qu’il la rend. Faut bien préparer le réveillon.

Bon, je vais finir par vous raconter tout le film. J’arrête.
La bonne année, à vous.
Et la santé aussi. Parce que c’est bien le plus important.
Mireille une dernière fois, pour vous la souhaiter. Encore meilleure.


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