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Parce que 3 millions d’entrées, c’est pas assez !
jeudi 4 novembre 2010, par
En France, on aime bien dégommer les mecs successful. Non c’est vrai le succès, c’est moche et ça pue. Manquerait plus que le type en question se révèle (vraiment) talentueux et qu’il ose faire du cash. Alors là, on arrête de tergiverser, on opte pour la lapidation. Médiatique au mieux.
Juste avant d’y aller, j’ai lu cette brève. Pas follement engageant, rien de rédhibitoire non plus. J’avais pourtant fait mon maximum pour rester hermétique à toute forme de critique mais c’est un peu compliqué d’arrêter de lire les journaux, de regarder la télévision, d’écouter la radio et d’être infidèle aux autoroutes de l’information, le tout concomitamment. Manquerait plus qu’il faille se désinscrire de Facebook et Twitter... À l’aune des bribes d’avis que j’attrapais çà et là, je commençais à envisager l’éventualité que peut-être Guillaume Canet avait osé nous pondre une bouse. Je me suis obstinée, réflexe de protection. Une obsession : y aller vierge de tout a priori. Surtout, ne pas chercher à prouver à ces méchants critiques qui font rien qu’à dire du mal qu’ils ont tort. Qu’aussi insensibles qu’ils sont, ils n’ont rien compris. Au film justement.
Le nouveau Canet, je l’attends depuis des mois. Ils ont commencé à nous farcir la tête dès le début de l’été, pour un film qui ne sortait que le 20 octobre. Largement le temps d’être opérationnel le jour J, dans les starting-blocks. Pacte de meufs. Guillaume, on est trop in love, obligé on y va together. Paroles, paroles… Parce qu’après moult tentatives de synchronisation d’emplois du temps et s’être cassé le nez à une ou deux séances affichant complet, on y est allé séparément.
Les Petits Mouchoirs, on adore ou on déteste. Difficile de faire dans la demi-mesure. Moi, je me suis laissée embarquer, sans me faire prier. Quinze jours au Ferret, j’ai pas hésité, j’ai signé, je suis partie en vacances. On a vite fait connaissance, en quelques minutes, on s’approprie le groupe, un paquet de (super) bons acteurs. Y en a que ça énerve la mode du « film choral » mais là c’est pas pareil, c’est plus. Ils sont potes dans la vraie vie, ça se voit, ça se sent. Chacun son rôle, joué à la perfection. Mention particulière à Cluzet (François) ? Bonneton (Valérie) ? Lellouche (Gilles) ? Arbillot (Pascale) ? Je ne saurais pas lequel distinguer. Ah si quand même, Jean-Louis, de son vrai nom Joël Dupuch, le Ferretcapien pur sucre, pas acteur et donc plus vrai que nature. Qui te donne une irrépressible envie d’aller manger des huîtres sur le bassin. Même si, les huîtres, tu détestes ça.
Mon angoisse : Cotillard (Marion). Parce qu’elle, dans le registre « J’ai commencé dans Taxi et aujourd’hui j’ai un Oscar gravé au milieu du front et je suis canon et je suis la femme du réal », elle se pose là. Simplement horripilante. Quoi, moi je suis jalouse ? Même pas vrai. Même que je suis capable de reconnaître que dans ce film, Cotillard est juste, attachante, touchante. Grande gueule, pas (trop) belle mais (vraiment) drôle.
Parce que, Les Petits Mouchoirs, le truc, c’est qu’on rit. Aux éclats et aux larmes. De vrais fous rires. Et ensuite de gros sanglots. J’ai pleuré, beaucoup, et pas seulement parce que je suis un cœur d’artichaut. Mais essentiellement parce que le film porte bien son nom, et que les mouchoirs, si ça peut servir à dissimuler nos travers, nos faiblesses, nos mensonges, c’est aussi utile pour essuyer discrètement la petite larme qui perle, voire les grandes eaux qui débarquent quand Guillaume Canet a décidé qu’on a assez rigolé. Finis les soubresauts d’attendrissement. Le paroxysme, c’est maintenant, fin des vacances, tout le monde descend, grandes marées générales.
Le film dure précisément deux heures et trente-quatre minutes. Générique compris. Et moi j’aime bien rester jusqu’au bout du générique, notamment pour savoir tout qu’est-ce qu’il y a dans la bande originale. Un film si long, j’en connais que ça pourrait effrayer. Seulement, si on accepte de se laisser emporter par l’histoire, les personnages, leurs sentiments, leurs inquiétudes, leurs secrets, leurs défauts, leurs tics, leurs tocs, leurs soucis, leurs amours, leurs atermoiements, 2h34 c’est émotionnellement trop court.
Voir en ligne : Les Petits Mouchoirs, le site officiel, avec bande-annonce, making-of et tout le toutim
Les Petits Mouchoirs, de Guillaume Canet, avec... un casting de maboul : François Cluzet, Marion Cotillard, Gilles Lellouche, Benoît Magimel, Laurent Lafitte, Valérie Bonneton, Pascale Arbillot, Joël Dupuch, Anne Marivin, Jean Dujardin, Louise Monot, Mathieu Chédid... - Sortie cinéma le 20 octobre 2010
Vos commentaires
Je me suis retenue... pendant exactement 4 jours mais là c’est plus possible...
Pourquoi ? Parce que je suis plus que d’accord avec la brève écrite par je ne sais qui, comme quoi "a part l’intro" très très bien réalisée, et je rajouterais la prestation de Cluzet... y a pas de quoi pondre le moindre début de commencement de papier POUR ce film...
En revanche CONTRE, j’ai bien deux-trois arguments, que je t’expose là tout de suite brut de décoffrage et dont je discuterais volontier avec toi la prochaine fois qu’on se voit... :-)
Dégommer les mecs uniquement parce qu’ils sont successful c’est bon pour les ratés, les mal baisés et autre avatars du même acabi.. C’est pas le point et c’est pas parce qu’il est successful qu’on veut le dégommer, c’est parce que son film, que j’ai été voir sans AUCUN a priori, est une merde pseudo sentimentale MONUMENTALE... mal écrite, mal réalisée, bourrée de clichés, et d’un manque de sensibilité et de justesse psychologique ET philosophique absolue... alors que c’est pas comme s’il avait pas tous les talents nécessaires sur place pour nous pondre un truc de dingue !
Honnêtement :
Si t’as des amis comme dans le film... changes de vie...
Si tu t’es reconnue ne serait-ce qu’un instant dans l’un des personnages.... changes de vie AUSSI !
Si t’as déjà participé à un enterrement comme ça, je te préviens, je te veux pas au mien !! :-)
etc...
Ensuite j’ai aussi la liste des scènes que tu te demandes pourquoi elles sont là à part pour rajouter 4 minutes de plus au film et justifier les 12 euros que t’as du raqueter à l’entrée...
Quant à Cotillard elle est comme souvent.... Cotillard... voit pas d’exploit là dedans... moi aussi je sais être moi-même... très bien même !
En conclusion : N’est pas Marc Esposito qui veut... pour ca il faut avoir un peu de bouteille, beaucoup d’humilité et être fondamentalement philanthrope (pas juste pour faire joli)... 3 qualités qui font manifestement défaut à notre ami Canet... Et Dieu sait que j’ai trouvé franchement pas mal "Ne le dis à personne"... donc rien à voir avec une querelle personnelle !! :-)