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Potiche

mardi 16 novembre 2010, par AGK

Le dernier film avec Luchini dedans. Que j’attends depuis qu’on nous l’a annoncé, quelque part cet été, à grands reforts de Post-it publicitaires sur son front.

Il y a des films comme ça qu’on ira voir. Pour des raisons bonnes ou mauvaises, tant qu’elles sont personnelles, tout est défendable. Donc Potiche, pour Luchini.

Sauf que s’il y est comme à son habitude pinçant de rire, le film ne tourne pas autour de lui. Et non.

Il y a aussi Depardieu... J’avais occulté ce détail de taille, le générique me remet dans les rails. Depardieu, comment dire, je l’aime pas tout le temps. En Cyrano, en père ignorant d’Elisa, oui. A dos de Mammut, son dernier que je me sois farci, non. Suis une inculte pas ouverte, mais j’avais trouvé ça drôle deux secondes, loufoque deux trois fois, et surtout long comme un pensum. Paraît que c’était de la quatrième dimension de la poésie. Pas pour moi, j’avais dû rater le pré-conditionnement.

Là, on sait où on met les pieds : dans du théâtre augmenté. Les scènes d’intérieur ont d’ailleurs le geste et le naturel mesuré des planches. Je n’ai jamais vu la pièce dont il s’inspire, mais on sent la parentèle. C’est un film à mots.

Et aussi un film souriant, joyeusement caricatural, avec parfois des délicatesses sous-jacentes qu’on hésite à soupçonner.

A ce que j’en ai lu, c’est une ode à la libération de la femme. Années 70 et des poussières, le temps que ça arrive en province. Moi je trouve que quitte à vouloir y voir plus qu’une aimable et piquante comédie, on peut trouver un peu plus de profondeur non pas à l’histoire, aux ressorts assez simples, mais aux personnages. Les deux femmes qu’interprètent très justement Catherine Deneuve en mère qui se rebiffe par la force des choses et Judih Godrèche en fille mauvaisement bourgeoise sont plus complexes que libérées. Depardieu n’est pas qu’un député qui voit rouge. Luchini n’est pas qu’un pater familias qui s’accroche à son jouet comme un enfant capricieux, même s’il fait ça très bien. Et le fils se révèle vite mignon comme tout, candide à souhait.

Au final un film malicieusement joué par des comédiens très dans le ton, et François Ozon n’y a pas réussi que son casting. On a ri, on a souri, et passé un délicieux moment.

P.-S.

Et la star en fait, c’est Catherine Deneuve, presque coquine. Dans une scénographie un poil décalée, comme autrefois à Rochefort. A croire qu’elle aime bien jouer avec des parapluies provinciaux. Ça lui va bien.


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